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L’avenir des retraites : en tapinois

vendredi 25 avril 2003.

Pour désamorcer la « bombe » des retraites, la tactique raffarinienne, telle que mise en musique, hier soir, par le didacticien Fillon, est limpide : dramatiser le dossier « il faut sauver le système »), monter l’opinion contre le corporatisme avantageux des fonctionnaires, diviser le front du refus syndical et, surtout, jouer sur le temps. Bientôt les ponts de mai et la chaleur des vacances d’été. Auront-ils raison de la mobilisation syndicale annoncée ? Raffarin a retenu de Balladur, en 1993, qu’il avait fait son mauvais coup en août et que les salariés du privé n’avaient pas quitté les plages, cette année-là, pour se plaindre. Depuis, ils doivent cotiser 40 annuités pour toucher une retraite pleine.

La leçon est retenue : mieux vaut réformer en fonction des congés des Français. Elle a déjà été expérimentée : on a vu, en plein week-end pascal, le ministère de la Santé baisser le remboursement de plus de 600 médicaments. Le Premier ministre eut sans doute gagné auprès de ses troupes à la jouer plus glorieuse, plus « père la réforme ». Il eut satisfait ceux qui, tel Jean-Louis Debré, rêvent d’une droite au merlin. Il a choisi selon son tempérament et son analyse du champ du possible : la réforme douce enrobée d’une dose de rouerie et peinturlurée, si possible, aux couleurs d’un acte de bravoure. Raffarin la joue d’autant plus prudent qu’il lui est interdit de perdre. Un gouvernement de droite est déjà tombé sur la retraite en 1997. Qu’un deuxième trébuche et la place de Chirac dans l’Histoire s’en trouverait définitivement scellée : au placard. Le Président a raison de réclamer du doigté : la guerre en Irak est à peine terminée que déjà sa cote de popularité plonge . Mais il ne suffit pas d’habiletés pour convaincre. Jamais grande réforme ne s’est imposée sans un langage de vérité. En dépit des efforts, hier soir, de François Fillon, c’est ce langage qui manque globalement à ce gouvernement, emberlificoté dans une conjoncture à la ramasse et dans les promesses de Chirac devenues dogmes faussement intangibles. C’est ce qui conduit l’équipe Raffarin à agir parfois en tapinois. Au risque d’augmenter le haut degré de désespérance et d’exaspération des Français à l’endroit du politique, relevé le 21 avril 2002.

Voir en ligne : libération.fr

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