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Ryanair se fait-elle financer par les régions ?

jeudi 3 avril 2003.

Ryanair, une compagnie à bas prix qui s’implante actuellement sur des lignes intérieures françaises négocie des subventions avec les aéroports régionaux. Plusieurs sites ont déjà refusé ce schéma de développement.

La polémique enfle lentement mais sûrement. Parmi les très rares compagnies qui jouissent d’une santé insolente en cette période de crise, il en est une, Ryanair, qui tente d’imposer aux aéroports régionaux des conditions jugées « inacceptables » par plusieurs d’entre eux. Malgré la grogne, certains sites acceptent pourtant les exigences de Ryanair, grâce à des aides publiques, elles aussi contestées. La compagnie aérienne, qui est en train de réorganiser totalement Buzz, son ex-concurrente rachetée, a annoncé mardi avoir renoncé à ouvrir une ligne régulière entre Londres et Grenoble en raison d’un désaccord avec l’aéroport.

Des sources proches du dossier ont évoqué le paiement à prix fort de publicités touristiques dans les journaux de la compagnie pour obtenir une desserte de Grenoble par Buzz. Ce schéma de développement assisté par des fonds publics, a aussi été refusé par deux autres sites, et non des moindres : Marseille-Provence puis Toulon-Hyères.

Demandes injustes et dangereuses

Ryanair exigeait des plates-formes qu’elles ne lui réclament aucune redevance, qu’elles paient une « allocation » par passager et qu’elles s’engagent sur plusieurs années, selon des sources proches des négociations. Selon les services de presse des deux plates-formes, ces demandes ont été jugées « injustes par rapport aux autres compagnies », et « dangereuses car elles auraient pu instaurer une jurisprudence ». C’est donc British Airways qui assure dorénavant Londres-Toulon, et easyJet est en bonne voie de reprendre Londres-Marseille. Autre échec : Bordeaux. Le 26 février, Ryanair annonce la fermeture de Londres-Bergerac, préférant une liaison Londres-Bordeaux. Mais le 7 mars, coup de théâtre, elle renonce finalement à Bordeaux en faveur du petit aéroport de Bergerac. Laurent Courbu, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Bordeaux, a expliqué que Ryanair demandait « de payer une redevance pour chaque passager », « supérieure à ce que nous gagnons ». « Il fallait donc accepter de travailler à perte et ce n’était pas possible ».

La CCI de Bergerac quant à elle, a refusé de communiquer les aides allouées à la compagnie pour faire « la promotion du Périgord en Angleterre ». Mais on sait déjà que le conseil général de Dordogne et la mairie de Bergerac vont chacun financer les investissements réalisés sur l’aéroport, à hauteur de 750.000 euros, et participeront à la campagne de marketing pour, respectivement, 100.000 et 150.000 euros. Enfin, dans l’est, ce sont les avocats de Brit Air (groupe Air France) qui contestent une aide de 420.000 euros par an à la compagnie à bas-prix, en arguant que ce n’est pas aux régions de financer le développement d’une société privée.

Voir en ligne : TF1.fr

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