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Alitalia sépare ses activités au sol et le transport aérien

lundi 27 septembre 2004.

La direction et les syndicats d’Alitalia ont signé vendredi 27 sept un accord prévoyant la scission en 2005 de la compagnie en deux sociétés, Alitalia Fly pour les activités de vol et Alitalia Service pour le sol.
L’accord a été conclu par huit syndicats sur neuf, le neuvième (Sult T.A.) voulant consulter ses adhérents en assemblée générale avant de l’approuver.

La compagnie aérienne proprement dite prendrait le nom d’AZ Fly mais continuera à s’appeler Alitalia. Elle ne compterait plus que 10.000 salariés, contre environ 11.700 actuellement et sera recapitalisée pour un montant qui pourrait être compris entre 1 et 2 milliards d’euros avant d’être privatisée. Elle contrôlera dans un premier temps 100 % du capital d’AZ Service (Alitalia Service), avant de descendre sa participation à 51 % en 2008. Les 49 % restants seront contrôlés par Fintecna, une société publique. AZ Service emploierait 7.000 personnes, alors qu’Alitalia en compte actuellement 9.000 dans le secteur des services.

La division en deux du groupe devrait lui permettre de transférer environ 2,47 milliards de francs de dette sur Alitalia Service. Un désendettement qui allégerait ainsi l’activité purement aérienne d’un poids qui compromet sa viabilité.

Alitalia a obtenu une révision des conditions de travail et de salaires de son personnel, devant lui permettre d’économiser 282 millions d’euros notamment grâce aux 3.700 suppressions d’emplois convenues.

En revanche, les syndicats n’ont pas obtenu la constitution d’un holding chapeautant les deux entités comme ils le souhaitaient.

Le personnel au sol s’inquiète particulièrement du sort qui va lui être réservé avec la scission de la compagnie en deux, les activités au sol étant intégrées au sein d’Alitalia Service, une société ouverte à de nouveaux actionnaires.

Dans la journée, le gouvernement devrait prendre un décret sur les « amortisseurs sociaux », les mesures d’accompagnement sociales pour les 3.700 suppressions d’emploi décidées par la compagnie pour afin de tenter de redresser ses comptes dans le rouge. Selon le secrétaire général du personnel de terre de la Filt-Cgil, 1.000 salariés de cette catégorie dont les emplois doivent être supprimés se retrouveront à la retraite au cours du plan de restructuration et 1.500 autres bénéficieront de mesures de chômage technique (cassa integrazione) avant une éventuelle réintégration.

Le leader de la CGIL s’en est pris mercredi aux erreurs des directions et actionnaires au cours des 15 dernières années, estimant que ce sont eux qui devraient être accusés d’absentéisme plutôt que les salariés.

L’Etat italien actionnaire à 62%, prévoit de garder 30% d’Alitalia Fly qui doit accueillir des investisseurs institutionnels pour respecter les conditions posées par la Commission européenne. Alitalia devrait se rapprocher de la compagnie à bas prix Meridiana spécialisée dans les vols avec la Sardaigne, et contrôlée par Karim Aga Khan IV.

Par ailleurs Alitalia a confirmé tenir à son alliance avec Air France, tout en souhaitant en rediscuter les termes après les propos du ministre des Transports italien, Pietro Lunardi, dans un entretien accordé mercredi 22 sept à Il Tempo estimant qu’un partenariat avec la compagnie allemande Lufthansa serait pour Alitalia préférable à une alliance avec Air France. « Je pense qu’avec Air France, Alitalia ne réussira jamais à être dans un rapport d’égal à égal, en dépit des réformes de Cimoli sur les suppressions d’emplois et la productivité » expliquait-il alors. « Pour les Français, nous serons toujours les derniers arrivants. Par ailleurs, Air France a toujours été peu disponible envers Alitalia. Il faudrait donc évaluer l’hypothèse d’une alliance avec Lufthansa. Les Allemands sont plus loyaux et seraient un bon partenaire pour notre compagnie », avait ajouté M. Lunardi.

Mais la compagnie, même restructurée, n’est pas sortie d’affaire puisque les deux défis qu’elle doit relever s’annoncent, selon les analystes, presque plus difficiles que sa réorganisation : trouver des investisseurs prêts à entrer dans le capital d’une compagnie encore déficitaire et reconquérir des clients.

Pour relancer la compagnie, son patron Giancarlo Cimoli envisage de la transformer en ’network carrier’ comme l’espagnol Iberia , qui ne soit ni une grande compagnie ni une compagnie à bas coûts. Les compagnies de second rang se trouvent dans une position difficile ; elles opérerent sous l’aile d’un grand groupe mais doivent être capable de couvrir leurs coûts. Or Alitalia ne prévoit pas d’être à l’équilibre avant 2006.

A sa situation financière délicate, Alitalia doit ajouter une position jugée faible sur son marché le plus crucial, l’Italie, avec seulement 45% du marché italien après 15 mois de navigation à vue qui a détourné les passagers par peur que la compagnie s’arrête.

Dans un premier temps, la compagnie devrait recevoir un crédit-relais de 400 millions d’euros accordé par une banque et garanti par l’Etat, nécessaire à la continuation de son activité dans l’immédiat, en attendant la recapitalisation.

Voir en ligne : AFP

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