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Le pétrole compromet un retour à la rentabilité du transport aérien

lundi 7 juin 2004.

Le prix du pétrole compromet un retour à la rentabilité cette année des compagnies aériennes s’il reste à son niveau actuel, a déclaré lundi le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA).

« Cette année devait être la première année bénéficiaire pour notre industrie depuis le début de ce (21e) siècle », a déclaré M. Giovanni Bisignani, qui s’adressait à l’assemblée générale annuelle de l’organisation qui regroupe 276 compagnies dans le monde.
« L’an dernier, nous avons survécu aux assauts des quatre cavaliers de l’apocalypse, le SRAS (la pneumonie atypique), le conflit irakien, le terrorisme et le marasme de l’économie », a-t-il ajouté.

« Mais un cinquième cavalier, le prix du pétrole, pourrait alourdir d’un milliard de dollars par mois les coûts de production de notre secteur et nous priver à nouveau de bénéfices », a dit l’ancien dirigeant d’Alitalia.

Il a ajouté que l’IATA avait initialement prévu que les compagnies aériennes réaliseraient des bénéfices cumulés de trois milliards de dollars en 2004 après des pertes de 30 milliards de dollars au cours des trois dernières années.

« Nos projections de trois milliards de dollars de bénéfices cette année se basaient sur un prix moyen du baril de pétrole à 30 dollars », a dit M. Bisignani.

« Si les prix du pétrole s’établissent à 33 dollars en moyenne, nous atteignons l’équilibre. A 36 dollars, nous pouvons nous attendre à trois milliards de pertes », a-t-il ajouté.

Les cours du pétrole sont supérieurs d’environ 30% cette année à la moyenne de l’an dernier avec le prix du baril de brut de référence pour livraison en juillet s’établissant lundi à 38,36 dollars en Asie.

De nombreuses compagnies, dont Singapore Airlines, Qantas et British Airways, ont imposé des surtaxes aux passagers pour compenser en partie la hausse du pétrole.

Le trafic passagers de l’IATA a baissé de 0,6% l’an dernier, marquant la troisième année consécutive du recul le plus long de l’histoire de l’aviation commerciale.

Sur les destinations internationales, les membres de l’IATA ont enregistré une perte nette de quatre milliards de dollars en 2003.

Le secteur s’est repris au premier trimestre de cette année, avec un nombre de passagers en hausse de 9,6% et une augmentation du fret de 10,1% sur les trois premiers mois de l’an dernier.

M. Bisignani a toutefois souligné que cela ne devait pas masquer le besoin de réformes. « La crise oblige tout le monde à prendre des décisions difficiles », a dit le responsable de l’IATA.

« Nos réalisations ont aidé le secteur à survivre pendant trois années très difficiles. Nous devons maintenant passer de la lutte contre les incendies à la définition de nouvelles structures. Nous devons en finir avec la rigidité et la complexité de notre industrie », a-t-il dit.

Les compagnies ont décidé d’aller plus loin en lançant de nouvelles mesures de sauvegarde. Sans surprise, la première d’entre elles porte sur de nouvelles réductions des coûts (jusqu’à 3 milliards de dollars par an) afin de lutter contre la hausse du prix du kérosène mais aussi une concurrence toujours plus vive, notamment des compagnies à bas coûts.

La généralisation des billets informatiques et la suppression de ceux sur papier est prévue dès 2007. Les codes-barres pourraient bientôt remplacer les bandes magnétiques sur les tickets d’embarquement. Cette disposition aurait pour avantage de simplifier l’impression à domicile des billets, réduisant ainsi les temps d’enregistrement.

Enfin, les membres de l’Iata ont également évoqué une éventuelle simplification de la réglementation aérienne en tenant compte des rythmes de chaque pays. Actuellement, cette réglementation est régie par la convention de Chicago de 1944, qui instaure des accords bilatéraux entre pays. « Nous devons en finir avec la rigidité et la complexité de notre industrie », a expliqué Giovanni Bisignani. Il a cité la nécessité pour les gouvernements d’abandonner leur protectionnisme.

« Les gouvernements doivent faire preuve de leadership pour l’avenir, non défendre le statu quo. Mais ils doivent nous donner la liberté de changer et nous laisser diriger nos affaires comme de vraies affaires », a-t-il dit.

Mais ses propos n’ont pas convaincu certains membres qui craignent que la libéralisation du secteur ne favorise avant tout les grandes compagnies.

Voir en ligne : AFP et Le Figaro

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