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L’Etat français brade 35% du capital du motoriste Snecma

vendredi 4 juin 2004.

L’Etat s’est finalement résolu vendredi à vendre 35% du capital du motoriste et équipementier aéronautique français Snecma, à un prix inférieur à ses prévisions, dans la perspective d’une cotation rapide à la Bourse de Paris.

« La fourchette de prix indicative pour les actions cédées aux investisseurs institutionnels est de 15,45 à 17,20 euros », a indiqué le ministère de l’Economie et des Finances, dans un communiqué publié dans la nuit.

Compte-tenu du nombre d’actions cédées (94,5 millions de titres), l’opération ouverte vendredi jusqu’au 16 juin, doit rapporter à l’Etat entre 1,46 et 1,62 milliards d’euros, une fourchette inférieure aux ambitions initiales du gouvernement.

Le ministre de l’Economie Nicolas Sarkozy avait indiqué le 4 mai qu’il comptait retirer de cette cession « un produit de 1,6 à 2 milliards d’euros ».

Il s’agit toutefois d’un « prix juste », a estimé vendredi devant plusieurs journalistes un banquier conseil de l’Etat, ayant souhaité conserver l’anonymat. « On arrive à un compromis tout à fait raisonnable », a-t-il ajouté.

Selon lui, les chiffres annoncés début mai par M. Sarkozy avaient été avancés « à un état très préliminaire » de l’opération. « L’exercice de valorisation n’avait pas été mené », a-t-il ajouté.

« Ce qui ressort des sondages auprès des investisseurs, c’est un prix très bas » , avait en effet appris jeudi l’AFP de source bancaire.

Le PDG de Snecma Jean-Paul Béchat a pour sa part jugé « tout à fait attractive », vendredi, la valorisation faite par le gouvernement, qui considère cette cession comme un premier pas vers la privatisation complète du groupe.

Le prix fixé par Bercy valorise la totalité du groupe entre 4,17 et 4,64 milliards d’euros.

« Cela me paraît une valeur tout à fait attractive pour les investisseurs », a déclaré M. Béchat, lors d’une conférence de presse jeudi.

« Que l’opération se passe bien, c’est quand même très intéressant pour nous », a-t-il ajouté, laissant entendre que le choix fait par Bercy de ne pas différer la transaction, malgré des conditions de marchés difficiles, quitte à revoir à la baisse le prix de vente, était un compromis acceptable.

Des informations de presse, confirmées par une source bancaire, avait fait état jeudi d’un bras de fer entre les services du ministre d’Etat et le syndicat bancaire chargé de l’opération, ce dernier conseillant à Bercy de remettre à plus tard la transaction en raison de tensions sur les marchés et de la flambée du pétrole.

« A un moment, il a été question que l’opération ne se fasse pas », dans les délais envisagés, a confirmé vendredi à l’AFP une source au ministère des Finances.

« Nous sommes reconnaissants à notre actionnaire de ne pas souhaiter brader notre entreprise », a également souligné M. Béchat.

Le prix de vente définitif des titres mis sur le marché sera fixé le 17 juin et la cotation du groupe au premier marché de la Bourse de Paris interviendra le 18 juin à partir de 12H00, a-t-il précisé.

La mise sur le marché de Snecma, dont l’un des objectifs affirmé est de donner une plus grande marge de manœuvre au groupe dans la perspective d’acquisitions futures, ne sera pas suivie, à court terme d’opérations de rapprochement, a par ailleurs indiqué M. Béchat interrogé sur ses projets avec les motoristes italien Avio et allemand MTU, et le chimiste spécialisé français SNPE.

« Bien évidemment, nous avons un bilan solide, et s’il y a des opportunités avec des synergies intéressantes (...) nous continuerons notre politique visant à se renforcer dans chacun de nos métiers, mais pour l’instant ce n’est pas d’actualité », a-t-il affirmé.

M. Béchat a en revanche rappelé que deux de ses filiales, Cinch USA et Globe Motors étaient toujours à vendre.

Voir en ligne : AFP

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