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L’effondrement d’une voûte au terminal 2E de Roissy fait au moins cinq morts

dimanche 23 mai 2004.

L’effondrement d’une partie de la voûte d’une passerelle du terminal le plus récent de l’aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle a fait dimanche cinq morts et quatre blessés, dont un dans un état jugé désespéré, selon un bilan provisoire des pompiers diffusés en début d’après-midi.

Selon les pompiers, il n’y aurait pas d’autre personne sous l’amas de plusieurs tonnes de béton, de verre et d’acier accumulés sur une trentaine de mètres de long à l’extrémité de la jetée du terminal 2E, c’est-à-dire la partie la plus proche des pistes qui permet l’embarquement et le débarquement des passagers.

« Le bilan (provisoire) est de cinq décédés, une sixième victime qui malheureusement risque d’être aussi classée dans les décédés et trois victimes plus légèrement blessées », a dit à la presse le porte-parole des pompiers de Paris, le capitaine Laurent Vibert.

« Vraiment rien n’indique qu’il s’agirait d’un attentat », a déclaré à la presse le ministre des Transports Gilles de Robien, sur place avec son homologue de l’Intérieur Dominique de Villepin.

Le directeur général d’Aéroports de Paris (ADP), Hubert du Mesnil, interrogé sur LCI, a indiqué que la cause du drame était indéterminée mais que la structure de la voûte avait cédé.

Il a précisé que les victimes étaient apparemment toutes des passagers.

« Ce qui est sûr, c’est que c’est la structure elle-même qui a lâché. Il n’y a que ce constat que l’on peut faire », a dit Hubert du Mesnil.

Le président d’Aéroports de Paris (ADP), Pierre Graff, a indiqué lors d’un point de presse que « des témoins ont entendu des craquements avant l’accident et ont vu de la poussière de béton voleter du plafond ».

Ces personnes « ont prévenu la police qui avait commencé à évacuer la zone » avant l’effondrement, a-t-il ajouté.

Le terminal était ouvert partiellement depuis juin 2003 et la CGT   avait à l’époque dénoncé une mise en service prématurée.

L’ouverture avait été reportée d’une semaine en juin 2003, la commission de sécurité n’ayant pas accordé les certificats nécessaires en raison de la chute d’un gros luminaire dans l’aérogare, de nuit avant sa visite de contrôle.

La direction d’ADP fait valoir que la construction de la structure du terminal 2E était achevée des mois avant juin 2003.

Interrogé sur ce point, Gilles de Robien a souligné qu’« on ne peut absolument pas conclure avant d’avoir la parole des experts ».

Le président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a évoqué la possibilité d’un « défaut de construction ».

L’accident a entraîné des perturbations dans les vols de la compagnie Air France, principal utilisateur du terminal 2E, mais aucune annulation. « Tous les vols sont redistribués sur les autres terminaux de l’aéroport », a préisé un porte-parole de la compagnie, qui assurait en moyenne une soixantaine de vols au départ et à l’arrivée de ce terminal.

Le terminal 2E était aussi utilisé par les compagnies membres de l’alliance aérienne Sky Team (AeroMexico, Alitalia, CSA, Delta, Korean Airlines).

Jacques Chirac, comme le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, a exprimé « sa très profonde compassion aux familles des victimes et aux blessés » et a demandé « que les enquêtes nécessaires soient immédiatement engagées pour que les causes de cet accident soient déterminées le plus rapidement possible ».

« UNE SALLE DE PRESTIGE »

Le préfet de Seine-Saint-Denis, Michel Sappin, a précisé que l’accident était survenu à 6h57 « à un moment où le trafic était relativement modéré » dans cette partie de l’aérogare. Une Ivoirienne et une Chinoise figurent parmi les blessés, a-t-il indiqué.

Au moment de l’accident, « il n’y avait que deux arrivées, un vol d’Air France en provenance de Newark et un vol (Air France) en provenance de Johannesburg, et un embarquement pour un vol Air France sur Prague », a dit le préfet. « Il y avait (aussi) des passagers qui étaient soit en attente, soit en correspondance et qui pouvaient se trouver dans cette partie de l’aérogare. »

Le plan rouge a été déclenché dès l’accident, permettant l’envoi d’équipes de déblaiement et de secours avec des chiens de recherche et des capteurs sonores, quelque 250 personnes au total.

« C’est comme pour un séisme », a dit le porte-parole des pompiers de Paris, le capitaine Laurent Vibert.

« Les constatations faites, notamment par les chiens de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, laissent penser qu’il n’y a pas ou peu de victimes potentielles qui seraient encore sous les décombres », a indiqué le préfet. « Nous sommes face à un accident dont le bilan en terme humain devrait être d’une dizaine de victimes, entre les morts et les blessés. »

Un hôpital de campagne a été installé sur place.

« Cette jetée d’embarquement était une vitrine, une salle de prestige », a déploré le président d’Aéroports de Paris (ADP) Pierre Graff.

La conception du bâtiment et sa réalisation sont l’œuvre des architectes et ingénieurs d’ADP et ont représenté pour la société un investissement de 750 millions d’euros. Le chantier a été l’un des plus importants en France ces dernières années, avec l’intervention de plus de 400 entreprises.

Pour Air France, les aménagements réalisés dans ce nouveau terminal représentent un investissement de 50 millions d’euros.

Le terminal 2E, selon ADP, est composé principalement d’un « corps central de 450 mètres de long » relié à « une jetée de 650 mètres » permettant à terme le stationnement de 17 avions, dont deux Airbus A380, et pouvant accueillir jusqu’à 10 millions de passagers par an.

Voir en ligne : Reuters

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