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Le réseau ferré britannique est menacé par une grève

samedi 22 mai 2004.

Les cheminots de Network Rail ont voté, jeudi, le principe d’un mouvement social pour protester contre la réforme des retraites.

La Grande-Bretagne pourrait vivre bientôt sa première grève nationale des chemins de fer depuis dix ans. Les cheminots de Network Rail, la société publique chargée de l’entretien et de la modernisation du réseau ferroviaire, ont voté, jeudi 20 mai, le principe d’une grève, à l’initiative du syndicat Rail Maritime and Transport (RMT). La date de cet arrêt de travail n’a toutefois pas encore été choisie. Elle le sera dans les prochains jours, après consultation des branches locales du syndicat.

Les cheminots ont trois principaux motifs de mécontentement : les retraites, les salaires et la suppression de réductions tarifaires. Les salariés des chemins de fer n’échappent pas, comme les autres, au durcissement du régime des retraites. Jusqu’à récemment, ils bénéficiaient d’un système avantageux qui leur garantissait des pensions indexées sur le salaire de fin de carrière.

Ce régime est en train de disparaître rapidement, les fonds de pension n’étant plus à même de le financer. Il laisse la place, pour les nouveaux salariés, à un système beaucoup moins avantageux, entré en vigueur le 1er avril. Le syndicat reproche à la direction d’avoir « sans la moindre négociation » imposé un régime « à peine plus intéressant qu’un plan d’épargne ». « Les retraites ne sont pas un luxe qu’on peut amputer pour contribuer à augmenter les bonus des patrons », a déclaré jeudi Bob Crow, le secrétaire général du RMT. Les salariés jugent en outre insuffisantes les propositions de hausses salariales (+ 3,5%) faites par la direction. Enfin, ils protestent contre l’abolition des avantages en nature sur le réseau dont bénéficient les cheminots. Ceux embauchés avant le 1er avril 1996 conserveront ces avantages, les autres n’auront rien.

Le ministre des transports, Alistair Darling, déplore la perspective d’une action qui entraînerait « une gêne énorme » à un moment, où, selon lui, « les chemins de fer commencent à progresser et la confiance du public grandit ». Cette vision officielle est pour le moins optimiste. Parmi les grands services publics que le gouvernement de Tony Blair s’applique à réformer, le rail est celui qui tarde le plus à s’améliorer.

Comme le constatent les usagers, le réseau ferré britannique reste l’un des plus misérables d’Europe, malgré sa reprise en main par Network Rail, société ad hoc privée, mais dépourvue d’actionnaires et contrôlée par l’Etat. John Armitt, directeur de Network Rail, a dénoncé le principe d’une grève qui, en deux jours, coûterait l’équivalent des augmentations de salaires qu’il propose. Il a souligné que cette grève est soutenue par « moins d’un salarié sur cinq ». Elle a été votée par 58 % des cheminots, avec un fort taux d’abstention, dans une entreprise dont moins de la moitié des salariés appartiennent au RMT.

Le gouvernement craint en outre que cette grève coïncide avec celle que les employés du métro londonien pourraient bien annoncer, de leur côté, dans quelques jours. En prenant soin de ne pas fixer une date, le syndicat a cependant laissé la porte

Voir en ligne : Le Monde

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