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La tâche s’annonce difficile pour le nouveau patron d’Alitalia

vendredi 7 mai 2004.

La tâche s’annonce difficile pour Giancarlo Cimoli, nommé jeudi à la tête d’Alitalia pour redresser une compagnie aérienne à bout de souffle qui a déjà usé trois dirigeants en l’espace de trois ans.

Celui qui était jusqu’à jeudi le président et administrateur délégué des chemins de fer italiens, Ferrovie dello Stato, doit d’abord gérer une situation d’urgence financière, car la compagnie a dépensé depuis le début de l’année plus de la moitié de sa trésorerie.

Le Corriere della Sera indique vendredi que certains fournisseurs sont devenus méfiants et refusent de livrer leurs marchandises sans garantie.

Alitalia assure pour sa part n’avoir aucun problème de fourniture en kérosène et disposer de 200 millions d’euros pour faire face aux dépenses courantes.

L’accord conclu jeudi entre gouvernement et syndicats pour tenter de résoudre la crise prévoit, outre l’arrivée de M. Cimoli, une « recapitalisation » avec la participation d’investisseurs privés dans cette société cotée, contrôlée à 62,39% par l’Etat italien.

Le ministre de l’Economie Giulio Tremonti est resté vague sur les modalités d’une telle opération, assurant toutefois qu’aucun argent public « ne serait brûlé » dans la compagnie aérienne et que la recapitalisation se ferait « aux conditions du marché ».

« Une opération sérieuse de relance demandera au moins autant d’argent que lors de la dernière opération de recapitalisation, à savoir environ 800 millions d’euros », a avancé vendredi Corriere della Sera.

M. Cimoli devra inspirer suffisamment confiance pour attirer de nouveaux investisseurs dans une compagnie sinistrée qui a vu la valeur son action fondre de 90% depuis début 2000.

Corrado Passera, le très respecté patron du numéro un bancaire italien Banca Intesa, a déjà fait preuve d’ouverture. « Avec un plan et une direction crédibles les banques ne s’esquiveront pas », a-t-il assuré.

« Je suis convaincu que dans les prochains jours émergera un plan industriel crédible, capable de recevoir l’aval des investisseurs et (...) de développer la société », a assuré avec optimisme le ministre Trémonti.

La bourse de Milan a fait un premier bon accueil à la nomination de M. Cimoli, l’action Alitalia enregistrant un bon de 16,85% à 0,24 euros vendredi midi après deux jours de suspension.

L’hypothèse d’une scission en deux de la société entre transport et services aéroportuaires —idée qui avait vu le jour lors des tractations entre gouvernement et syndicats— reste d’actualité, a affirmé vendredi le ministre des Transport Pietro Lunardi au quotidien économique Il Sole 24 Ore.

« Je pense que Cimoli partira de ce schéma, même si ce sera ensuite à lui de définir les formes et le modèle de la restructuration », a-t-il indiqué.

Au sein de la compagnie on se veut prudent sur la forme que prendra le futur plan Cimoli, tout en soulignant que la compagnie a besoin d’une meilleure organisation interne et d’une plus grande efficacité plutôt que d’un dégraissage.

Les deux précédents patrons d’Alitalia, Francesco Mengozzi puis Marco Zanichelli, ont été éjectés sous la pression des employés et syndicats pour avoir voulu imposer une cure de minceur à la compagnie avec la suppression de 2.700 à 3.200 postes sur un total d’environ 21.000.

M. Cimoli ne peut ignorer ce fait, d’autant qu’il jouit pour l’heure d’une excellente réputation auprès des syndicalistes. Guglielmo Epifani, leader de la grande centrale de gauche CGIL a déjà donné son absolution : « De tous les noms possibles, je crois que c’est l’un des meilleurs ».

Voir en ligne : AFP

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