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A Orly, les salariés de la Brink’s chargés des contrôles passagers réclament des embauches

samedi 17 avril 2004.

Le porte-parole de la Brink’s affirme : « C’est un conflit passionnel qu’un rien pourrait débloquer. » Sur le terrain, cela donne un tintamarre de tous les diables, un concert de sirènes qui dure depuis trois jours à Orly Ouest, et a entraîné, vendredi soir, des retards importants au départ de l’aéroport du sud de Paris, notamment sur les navettes Air France à destination de la province. Dans le hall, une petite centaine de grévistes scande, entre deux déflagrations de corne de brume, « sûreté au rabais, passagers en danger » ou encore « Brink’s dehors ».

« Mensonge ».
Une vieille dame essoufflée, main sur le cœur, vient voir un employé : « Monsieur, ce que vous faites, cela me donne des palpitations, je ne suis pas du tout rassurée. » Réponse : « Madame, nous faisons grève pour votre sécurité. » Les grévistes, qui représentaient hier plus de 90 % des salariés de la société privée chargée du contrôle des passagers, demandent des embauches. « La sûreté, c’est un grand mensonge. Nous n’avons pas les effectifs suffisants », explique un chef d’équipe. Pour preuve, affirment les salariés, la Brink’s a repris en novembre le marché du contrôle passagers à une autre société en réduisant les effectifs de 400 à « un peu plus de 300 ». « On se retrouve parfois à quatre sur un poste filtrage au lieu de cinq, dit Valérie, 32 ans. C’est impossible de contrôler 50 % des bagages comme on devrait le faire. L’autre fois, sur un vol vers la Corse de plus de 500 passagers, on a reçu la consigne de ne rien contrôler pour ne pas retarder l’embarquement. » Lors de la passation de marché, la société de sécurité est aussi accusée d’avoir rogné quelques acquis et primes, ou d’avoir mis en place une maligne annualisation des heures supplémentaires permettant de limiter le nombre d’heures sup payées et de ne les régler qu’une fois par an. « Sauf que moi, dit une employée, quand je fais des vacations supplémentaires, c’est pour avoir de l’oseille à la fin du mois, pas en 2005. » Les employés demandent surtout la réintégration « illico » de deux salariées mises à pied en milieu de semaine pour avoir mené, selon la direction, une « grève du zèle » à la veille du conflit : « la goutte d’eau ».

Pied de grue.
En fin d’après-midi, les grévistes se sont engouffrés par une porte de service, ont monté quatre à quatre les escaliers menant à l’étage de la direction de l’agence de la Brink’s. Ils ont alors entamé un siège devant les portes qui se sont refermées juste à l’approche de la troupe en colère. A 19 heures, pendant que certains faisaient encore le pied de grue devant le bureau en chantant au dirigeant claquemuré « Paris by night », en guise de promesse d’une nuit au bureau, les autres votaient à l’unanimité la poursuite du mouvement le week-end. « Nous faisons grève pour nos deux collègues et pour nos enfants. Pour qu’ils mangent. Nous avons de bonnes raisons », a lancé au mégaphone Mohamed Diaby, le délégué CGT   et ex-policier qui mène le mouvement d’une main particulièrement ferme. Samedi, les employés de la Brink’s avaient prévu d’organiser un pique-nique au milieu de l’aérogare.

Voir en ligne : Libération

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