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Air France dénonce la campagne de publicité de son concurrent easyJet

jeudi 15 avril 2004.

« Vous connaissez ma passion pour la vérité... » En commençant ainsi, mercredi 14 avril, son intervention devant la presse, Jean-Cyril Spinetta, président d’Air France, entend peser de tout son poids pour dénoncer les propos de Ray Webster, médiatique directeur général de la compagnie à bas coût easyJet.

La compagnie britannique, numéro deux sur le marché français depuis la disparition d’Air Lib, au mois de février 2003, a lancé une campagne de communication sur le thème « Changeons d’air... », pour critiquer le manque de concurrence dans le ciel français. En présentant cette campagne au Palais de Tokyo, à Paris, jeudi 8 avril, M. Webster avait vigoureusement enfoncé le clou : « Aucun autre marché européen ne subit tant l’hégémonie de la compagnie aérienne nationale traditionnelle. » Et, chiffres à l’appui, le patron d’easyJet avait poursuivi, égrenant son argumentaire : Air France a 74 % de part de marché sur les vols domestiques en France, la compagnie est en position de monopole sur 27 lignes sur 43 au départ de Paris, une véritable concurrence n’existant que sur trois destinations (Marseille, Toulouse et Nice). En outre, « Air France possède 53 % des créneaux horaires de décollage ou atterrissage à l’aéroport d’Orly et 74 % à celui de Roissy-Charles-de-Gaulle », a fait remarquer le patron d’easyJet.

200 « MANIFESTANTS »

Pour appuyer sa démonstration, le groupe britannique avait réuni devant le Palais de Tokyo, par l’intermédiaire d’une société de communication, environ 200« manifestants », vêtus de tee-shirts orange, en leur promettant en contrepartie de leur présence des billets d’avion.

Les propos de M. Webster et les chiffres avancés sont à l’origine de la vive réaction de M. Spinetta. Selon le président d’Air France, « l’idée reprise comme une antienne selon laquelle l’Etat, grâce à Aéroports de Paris, à la direction générale de l’aviation civile -DGAC  - et au Cohor -l’organisme chargé de la répartition des créneaux sur les aéroports- sont tous chargés de protéger Air France est insupportable ». Pour M. Spinetta, easyJet a « tort de se plaindre » : en deux ans, la compagnie à bas coût a obtenu, entre Orly et Roissy, près de 35 000 créneaux, soit 35 vols quotidiens. « Si easyJet a pu obtenir ces « slots », c’est notamment « grâce » à la défaillance de plusieurs compagnies au cours de ces dernières années », affirme M. Spinetta. Et de conclure : « Si elle en voulait plus, il y avait une solution : il fallait aller à la barre du tribunal de commerce et reprendre un opérateur défaillant avec les créneaux qu’il exploitait. »

Par ailleurs, note M. Spinetta, la compagnie nationale dispose, à Orly et à Roissy, de créneaux moindres que ce que prétend M. Webster (48,2 % à Orly et 52 % à Roissy), ce que confirme la DGAC  . Quant au manque de concurrence sur certaines villes de la métropole,« easyJet peut, avec ses « slots », desservir n’importe quelle destination. Pourquoi, dans ces conditions, avoir choisi Naples ou Berlin ? », s’interroge M. Spinetta.

Selon un thème qui lui est cher, le président d’Air France a rappelé que le seul véritable compétiteur sur le réseau domestique français restait le train à grande vitesse.

Ironie de l’histoire, Air France, dont le résultat de l’offre publique d’échange sur le néerlandais KLM est attendu lundi 3 mai, trouvera dans la corbeille de mariage deux compagnies à bas coût, Transavia et Basic Air. Qu’en fera-t-il ? Le président d’Air France a toujours affirmé que faire cohabiter dans un même groupe une compagnie traditionnelle et un transporteur à bas coût était « une équation impossible ».

François Bostnavaron


Le Cohor répond à la compagnie britannique

Le Cohor (pour coordination des horaires), l’association qui regroupe des compagnies françaises et les aéroports de Paris, Lyon et Nice, et qui attribue les créneaux de décollage et d’atterrissage, a réagi, mercredi 14 avril, aux propos tenus jeudi 8 avril par Ray Webster, le directeur général d’easyJet, mettant en cause son impartialité. Selon l’association, « qu’Air France et ses filiales -Britair et Regional- aient, ou non, la majorité au conseil d’administration n’a aucun impact sur la façon dont les créneaux horaires sont attribués sur les aéroports français concernés ». Selon l’organisme, easyJet use de « pratiques courantes de la part de certaines compagnies, tout particulièrement lors du lancement de nouvelles lignes, visant à se positionner auprès du grand public en « martyrs » du transport aérien en France ».

Voir en ligne : Le Monde

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