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Alitalia réclame l’aide de l’Etat

lundi 5 avril 2004.

La compagnie italienne réclame l’aide de l’Etat. Rome confronté au désastre Alitalia

Alitalia n’aurait-elle plus que quelques mois de répit ? C’est ce que craint le ministre des Transports italien, Pietro Lunardi, au vu de l’aggravation des pertes accusées par la compagnie aérienne en 2003. Les résultats financiers provisoires de l’exercice ont fait ressortir un déficit de 510 millions d’euros après, déjà, un trou de 260 millions d’euros l’année précédente. La situation est à ce point dégradée que le gouvernement Berlusconi se demande s’il n’est pas déjà trop tard pour éviter un atterrissage en catastrophe à la rentrée.

Son objectif, désormais, est de trouver un management capable de redresser la situation, à l’image d’un Enrico Bondi, envoyé en toute urgence pour sauver Parmalat. En février dernier, Francesco Mengozzi, dont le savoir-faire est pourtant reconnu en Italie, avait été contraint à la démission. Et ce, bien que son plan ait été approuvé à l’unanimité par le conseil d’administration d’Alitalia. Désormais, faute de sursaut, il ne reste plus à la compagnie aérienne qu’à envisager le pire. Dès après Pâques, un plan industriel « remodelé », c’est-à-dire « approuvé » par les syndicats, devra être mis en œuvre.

Les comptes du premier trimestre doivent ensuite être publiés, le 13 mai. Ils ne devraient pas traduire d’amélioration par rapport à ceux du trimestre précédent. Enfin, le 20 mai, les comptes de 2003 devront être définitivement approuvés.

L’endettement net de la compagnie, qui emploie actuellement 20 650 salariés, atteignait au 30 septembre dernier 1,4 milliard d’euros, à rapport à un chiffre d’affaires de 4,3 milliards d’euros. Son implantation sur deux aéroports, à Rome et à Milan, redouble les coûts d’exploitation.

D’où la volonté de sa direction de se tourner vers l’Etat. « Nous ne demandons pas des aides publiques pour la compagnie, mais des interventions structurelles pour le transport aérien », explique son président Giuseppe Bonomi.

Sa liste de doléances est longue : réduction des taxes sur le kérosène « plus cher qu’en France ou en Allemagne », allégement des tarifs du contrôle aérien, nouvelle répartition du trafic entre les aéroports lombards. Et surtout des aides d’accompagnement au chômage, du type de celles qui ont si souvent sauvé Fiat et l’industrie lourde de la faillite. La direction de la compagnie demande de pouvoir supprimer 1 400 postes, par licenciement, et d’affecter 1 300 de ses salariés à la sous-traitance. Elle ne peut faire passer ce plan auprès des syndicats sans obtenir l’aide du gouvernement. Reste la réaction de la concurrence. British Airways, qui vient de supprimer 13 000 emplois, se déclare déjà prête à intenter un recours à Bruxelles au cas où la compagnie italienne bénéficierait de financements publics.

Voir en ligne : Le Figaro

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