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Le secteur aéronautique dénonce l’impact du dollar faible sur l’emploi

mardi 23 mars 2004.

En janvier, Philippe Camus, co-dirigeant d’EADS, avait averti que son groupe pourrait investir hors zone euro en cas de faiblesse persistante du dollar. Aujourd’hui, il enfonce le clou, mais cette fois en tant que président du Groupement des industries françaises de l’aéronautique et de l’espace (Gifas).

Présentant à la presse les chiffres 2003 de l’industrie aéronautique française, il a jugé « insupportable » la fébrilité du dollar, n’hésitant pas à parler de « menace très claire » sur les capacités de production et par conséquent sur l’emploi - les membres du Gifas comptent 101.500 salariés. Les groupes européens sont en effet particulièrement touchés par le reflux du billet vert. Car d’un côté ils vendent leurs appareils en dollars et de l’autre ils doivent supporter des coûts en euros (ce qui n’est pas le cas de leurs concurrents américains).

« Si cette situation perdure, il y aura des décisions prises en matière de localisation des centres de production », a averti Philippe Camus. En fait, il ne devrait pas s’agir de déplacer les bureaux d’études ou les chaînes d’assemblage de grandes structures. Dans un premier temps, ce sont surtout les salariés des entreprises sous-traitantes qui sont les plus menacés. « Les PME sont en danger car c’est là qu’il y aura le premier choc », a affirmé Henri Martre, président du comité stratégique du Gifas. De fait, pour l’instant, « nous cherchons à réduire les coûts en consultant la concurrence qui n’est pas dans la zone euro », a-t-il ajouté. Le Gifas voit une autre alternative : investir massivement pour réduire les coûts. Mais là encore, cela se ferait au détriment de l’emploi.

Le groupement suggère donc la mise en place de mesures permettant aux PME de mieux absorber les écarts de change. Et plus largement, il appelle les autorités à agir rapidement pour remédier à cette situation. Il est « urgent que les autorités compétentes prennent des mesures appropriées », a estimé Philippe Camus, déplorant « des réactions pas très claires » des pouvoirs publics dans ce domaine et l’absence de concertation entre la Banque centrale européenne et les gouvernements.

Un peu plus tôt, le Gifas avait annoncé qu’en 2003 le chiffre d’affaires des industries aéronautiques françaises avait progressé de 2%, à 25,08 milliards d’euros. Du côté des commandes, la tendance a été plus favorable. Après une année 2002 « maussade », elles ont bondi de 57%, à plus de 40 milliards d’euros.

Voir en ligne : La Tribune

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