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Deux ministres pour les délocalisations

vendredi 12 mars 2004.

Le ministre délégué au Commerce extérieur, François Loos, a indiqué vendredi 12 mars que des délocalisations d’usines françaises sont, par exemple dans l’automobile avec la Pologne, « une opération bénéficiaire » pour la France, en dépit du coût social dû à des fermetures d’usines dans l’Hexagone.
Par exemple, selon le ministre, « les délocalisations d’usines automobiles vers la Pologne sont une opération bénéficiaire ». « En effet, les constructeurs polonais et les constructeurs français implantés en Pologne importent au total pour deux milliards d’euros de biens à la France, et nous renvoient de l’autre côté pour 600 millions d’euros », a déclaré François Loos lors d’une conférence de presse. « Cela est contraire à l’idée habituellement décrite et qui veut que les constructions d’usines françaises dans des pays comme la Pologne détruisent de l’emploi », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le fait que « le produit de ces échanges ne retombe pas dans la poche des ex-employés d’usines fermées en France », le ministre a répondu qu’« il faut faire la différence entre l’internationalisation et la constatation tardive de la mondialisation à laquelle on ne peut pas résister ».

 « Le social, on s’en occupe »

« Après, pour ce qui est du traitement social » des conséquences de ces restructurations « et du reclassement » des salariés, « on s’en occupe », a-t-il affirmé.

François Loos a par exemple souligné le fait que la Fédération des industries mécaniques (FIM), « qui employait 570.000 salariés il y a dix ans, et qui en emploie 600.000 aujourd’hui, avec une plus haute qualification de la main d’œuvre, est l’objectif que nous devons viser ».
Le ministre délégué au Commerce extérieur a également indiqué qu’entre 1997 et 2003, les 10 secteurs français qui exportent le plus à l’étranger ont été créateurs net d’emplois".

 « Pas de perte d’emplois »

Nicole Fontaine, ministre française déléguée à l’Industrie, a estimé vendredi 12 mars, à l’issue d’une visite en Inde, que certaines délocalisations d’entreprises peuvent être positives si elles permettent d’étendre des activités au lieu d’aboutir à des suppressions d’emplois. « La France n’a pas vraiment de problèmes avec ce type de phénomène mais il faut être attentif à donner une bonne signification au terme délocalisation », a dit Mme Fontaine lors d’une conférence de presse à New Delhi.
Elle s’est inquiétée de situations où des entreprises transfèrent l’intégralité de leurs activités hors de France en supprimant la totalité des emplois.
En revanche, « la délocalisation positive, à l’inverse de la première, ravageuse », peut favoriser une extension d’activités et l’ouverture d’une filiale à l’étranger. « Dans ce cas de figure, il n’y a pas de perte d’emplois ».

 Gagner en compétitivité

S’exprimant en présence d’Arun Shourie, ministre indien des Nouvelles technologies et des Communications, Mme Fontaine a déclaré : « nous avons un intérêt commun, bien compris, d’encourager ce type de développement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises indiennes et françaises ».

Arun Shourie a, pour sa part, souligné qu’au cours des dernières années, de nombreuses entreprises occidentales avaient gagné en compétitivité en sous-traitant certains de leurs services en Inde.
Mme Fontaine et M. Shourie ont fait ces déclarations après la signature d’un accord de transfert de technologie ADSL entre l’équipementier français en télécommunications Alcatel et l’entreprise ITI, contrôlée par l’Etat indien.
Alcatel, dont les liens avec ITI remontent à 1982, espère que l’entreprise indienne favorisera l’utilisation de la technologie ADSL par les grands opérateurs publics indiens de télécommunications, BSNL et MTNL. ITI avait déjà acquis la technologie GSM auprès d’Alcatel.

 Dassault dans l’automobile ?

Au cours de sa visite officielle de trois jours commencée mercredi, Mme Fontaine a inauguré, en compagnie de M. Shourie, un groupe de travail franco-indien sur les nouvelles technologies, qui devrait favoriser une meilleure coopération dans les domaines de la formation, de la communication et de la recherche.
La ministre française a également rencontré des dirigeants de la Confédération de l’industrie indienne (CII) et de l’Association professionnelle indienne des services informatiques et des logiciels (NASSCOM).

Elle s’est rendue jeudi à Calcutta (est de l’Inde) où, après s’être recueillie sur la tombe de Mère Teresa, elle a eu des entretiens avec des industriels et des responsables politiques locaux.

On a enfin appris de sources industrielles, en marge de la visite, que la Société de Véhicules Electriques (SVE) contrôlée par le groupe français Dassault avait engagé des discussions avec le géant indien de l’automobile Tata Motors pour produire et commercialiser des voitures électriques.

Laurent Dassault, directeur de Dassault Investissements, faisait partie de la délégation de Nicole Fontaine.

Voir en ligne : Nouvel Obs

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