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Un rapport commandé par le Pentagone provoque un tohu-bohu en Europe,

dimanche 14 mars 2004.

Un rapport commandé par le Pentagone provoque un tohu-bohu en Europe (voir l’article paru in l’Observeur de Londres, NDLR), mais un nouvel âge glaciaire est peu probable, affirment les auteurs de l’étude.

Un rapport de deux futurologues de Bay Area commandé par le Pentagone a déclenché un brouhaha international sur les possibles désastres dus à un changement climatique. Mais les deux auteurs ainsi que des officiels militaires ont affirmé que l’étude avait été mal interprétée par les médias et les environnementalistes.

Le Pentagone a payé 100 000 $ pour ce rapport rédigé par Peter Schwartz et Doug Randall, d’Emeryville, qui examinent les cataclysmes possibles, allant de désastres liés à la pêche, à des vagues de froid sibérien en Europe ou à la rupture des digues de la rivière Sacramento, qui transformerait la Californie du nord en mer intérieure.

Les échos de ce rapport a rendu furieux ceux qui, parmi les Européens, accusent depuis longtemps le gouvernement des Etats-Unis de trainer les pieds pour arrêter les émissions par ses industries de gaz à effet de serre, comme le gaz carbonique.

Dimanche, le journal « London Observer » titrait : « Le Pentagone avertit Bush : le changement climatique peut nous détruire » et annonçait dans le sous-titre : « Un rapport secret annonce des émeutes et une guerre nucléaire » et aussi : « l’Angleterre sera »sibérienne« avant 20 ans ».

Sur le site de l’organisation internationale écologiste Greenpeace, un titre s’adresse au Pentagone : ’« Alerte rouge concernant un réchauffement mondial », et : « le temps de la destruction massive due au climat est plus menaçant que celle du terrorisme ».

Les médias aux États-Unis ont appris l’information en début de semaine. Il en a résulté des titres comme celui d’un quotidien de Sacramento : « Le Pentagone avertit d’une nouvelle ère glaciaire ».

Tout ceci embarrasse les fonctionnaires du Pentagone et Schwartz, plus connu comme co-auteur en 1999 du livre « La Longue Prospérité » qui esquisse un tableau tout en rose de la future économie mondiale.

Gros problème : les futurologues d’Emeryville et les officiels du Pentagone précisent avec insistance que les projections effrayantes et retentissantes du rapport sont hautement improbables et très peu vraisemblables, ainsi que l’a dit Schwartz mardi. Pointant du doigt l’Observer pour sa critique, Schwartz a souligné que le rapport « n’est pas un rapport secret supprimé, pas plus que la prédiction d’une fatalité imminente... Ils ont tout faux ».

Schwartz et Randall n’ont fait qu’étudier le pire scénario des évènements possibles, hautement improbables mais qui, s’ils se produisaient, seraient catastrophiques, en particulier pour leur impact sur les opérations militaires américaines, « les évènements à probabilité faible ont un impact élevé », comme il est coutume de dire dans le monde de la futurologie.

Aussi peu probables que soient ces évènements, de telles études présentent un intérêt, selon Schwartz, autant d’intérêt qu’aurait pu avoir une étude menée dans les années 90 sur la possibilité, apparemment hautement improbable, que quelqu’un cherche à détruire le World Trade Center en le faisant percuter par deux avions.

Malheureusement, la distinction entre prévision et faits hautement improbables a échappé à la partie la plus hystérique de la presse d’actualités, d’après le lieutenant colonel Dan Hetladge, porte-parole du Pentagone. « Une tempête dans un verre d’eau », a-t-il commenté, narquois, mardi.

Ce qui s’est passé, a-t-il expliqué, c’est qu’un fonctionnaire du Pentagone de 82 ans, Andrew Marshall, directeur du bureau du département de la Défense chargé du bureau d’évaluation nette, a donné son accord pour payer les 100 000 $ du rapport du groupe d’Emeryville. Marshall est un ancien de longue date au département qui « a travaillé pour tous les secrétaires de la Défense depuis (James) Schlesinger », dans les années 70, a ajouté Hetladge.

« Il est le »Yoda« du Pentagone, le sage vers qui nous nous tournons quand nous avons à réfléchir à de grandes choses », a commenté Hetladge.

Il ne s’agit même pas d’un rapport du Pentagone au sens strict du terme. Cela ne constitue pas une position officielle du département de la Défense ou un rapport annuel, dirigé par des scientifiques ou des experts militaires. En réalité, le travail effectué par Schwartz et Randall -ni l’un ni l’autre ne sont des spécialistes de l’atmosphère- est une étude basée sur des travaux que de véritables scientifiques, spécialistes de l’atmosphère, ont produits.

Schwartz, 57 ans, dit avoir consulté avec Randall, au cours de l’élaboration de leur étude, « neuf éminents climatologues ». Il a refusé de les nommer.

Marshall n’a pas pu être joint par téléphone mardi et il n’a pas été possible de déterminer pour quelle raison il a choisi la firme d’Emeryville pour réaliser l’étude, plutôt que, par exemple, un organisme de climatologie ou une université.

Schwartz a une licence en ingéniérie aéronautique et astronautique, il a travaillé par le passé chez SRI international à Menlo Park et a déjà géré le service du planning de la Royal Dutch/Shell à Londres. Il y a dix-sept ans à Emeryville, il a fondé avec le futurologue Stewart Brand -un ancien de la Bay Area - la société Global Business Network, un « think tank » (une pépinière d’idées) dont le site en ligne publie des articles tels que : « Ce que les stratèges peuvent apprendre de Sartre ».
Le site Web présente Randall comme un ancien maître de recherche à l’école Warton en Pennsylvanie qui a écrit sur l’ hydrogène en tant que carburant.

Mardi, Marshall - du Pentagone - a publié un communiqué qui dit, entre autres choses : « L’étude de Schwartz et Randall reflète les limites de l’information et des modèles scientifiques quand ils visent à prévoir les effets d’un brusque réchauffement planétaire. Malgré une évidence scientifique significative sur cette question, une grand part de ce que prévoit cette étude n’est que pure spéculation. »

Keay Davidson, Chronicle Science Writer

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Voir en ligne : Les Humains Associés

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