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Air Lib : un noeud gordien à trancher pour le gouvernement

vendredi 10 janvier 2003.

Le gouvernement, qui doit trancher vers le 15 janvier 2003 le sort d’Air Lib, cherche à trouver une solution qui limite la casse sociale mais il ne paraît guère enclin à continuer à subventionner une compagnie privée.

Pour le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, la question est politique plus qu’économique. « Quand il s’agit de 2.800 personnes, c’est avant tout un arbitrage social », a-t-il commenté récemment.

Le discours du nouveau gouvernement sur le dossier Air Lib tranche sur celui de l’ancien ministre des Transports communiste Jean-Claude Gayssot. Celui-ci avait maintenu la compagnie sous perfusion, depuis sa reprise par son actuel PDG, Jean-Charles Corbet, et sa création officielle en septembre 2001.

Grâce au soutien financier public, Air Lib a pu ouvrir des lignes vers l’Algérie et la Libye, lancer des vols à prix réduits sur les lignes intérieures françaises, l’Italie et les Antilles, sans parler de ses projets sur l’Afrique. Une stratégie commerciale difficilement conciliable avec les règles de concurrence européennes.

Le 9 janvier était normalement la date butoir pour le remboursement d’un prêt de 30,5 M EUR du FDES (fonds européen de développement) à Air Lib, au regard de la réglementation européenne.

Cette date devait aussi marquer la fin d’un moratoire sur les dettes publiques accumulées par Air Lib (fisc, URSAFF, taxes aéronautiques), et qui représentent aujourd’hui environ 80 M EUR. Or, les autorités européennes de la concurrence sont très attentives à toute aide accordée à des entreprises en difficulté, surtout dans le secteur de l’aérien depuis l’aggravation de la crise après les événements du 11 septembre.

Paris ne souhaite pas prendre le risque de transmettre à Bruxelles le dossier de restructuration d’Air Lib si ce plan n’assure pas la viabilité à moyen terme de la compagnie. Et en cas de distorsion de concurrence, les concurrents d’Air Lib ne manqueraient pas de saisir la justice, ce qu’a fait Corsair mi-décembre.

Le flou continue d’entourer le nouveau plan déposé mercredi par les dirigeants d’Air Lib en ce qui concerne les fonds que pourrait apporter l’investisseur néerlandais Erik de Vlieger.

Ce dernier pose comme condition à son investissement le feu vert du gouvernement à l’ouverture de lignes vers l’Afrique.

Les compagnies aériennes à bas prix, notamment la britannique easyJet qui cherche à renforcer son implantation en France, sont de leur côté à l’affût des quelque 50.000 créneaux de décollage qui seraient libérés à l’aéroport de Paris-Orly par une éventuelle disparition d’Air Lib.

Voir en ligne : L’humanite.

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