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Majorité et opposition s’affrontent à propos des délocalisations

mardi 2 mars 2004.

La droite comme la gauche s’entendent sur le diagnostic : les délocalisations industrielles sont à l’origine de drames humains et déstabilisent l’économie française. Elles s’opposent en revanche sur la réponse à apporter à ce problème, comme l’a montré le débat qui a eu lieu à l’Assemblée nationale, mardi 2 mars, à l’initiative du groupe communiste. L’initiative revient au député communiste Maxime Gremetz (Somme), qui a déposé le 4 février une proposition de loi « tendant à instaurer des mesures d’urgence pour lutter contre les délocalisations ».

La proposition de M. Gremetz demande l’annulation de toute décision de suppression d’emploi liée à une opération de délocalisation, et suggère la création d’une cellule de crise. Il demande la taxation de « tout projet d’investissement à l’étranger qui aurait pour résultat d’affaiblir l’emploi, les productions, et la valeur ajoutée en France », ainsi que l’imposition des « importations de produits à faibles coûts, (...), en fonction des différentiels sociaux ». Il propose encore la suppression des aides aux entreprises qui ont délocalisé.

Lors de l’examen du texte, les critiques de la majorité ont fusé : s’exprimant au nom du groupe UMP, le député Jean-Claude Lenoir (Orne) a demandé à M. Gremetz s’il avait « associé des juristes et des économistes à la large concertation qu’il prétendait avoir menée, compte tenu du caractère irréaliste de certaines dispositions », dénonçant « une logique dirigiste, anticapitaliste et protectionniste ».

NICOLE FONTAINE A PRIS LA MOUCHE

Mais c’est surtout la ministre de l’industrie, Nicole Fontaine qui a pris la mouche, agacée par la critique de M. Gremetz à l’encontre du président de la république et de la politique du gouvernement. Le député de la Somme a expliqué que l’appel de M. Chirac à la mobilisation contre la désindustrialisation était « une annonce généreuse », mais qui « ne reflétait pas l’action réelle du gouvernement et de la majorité ».

Dans son intervention, Mme Fontaine a donc pris à parti l’opposition. Reprenant le rapport de M. Gremetz, qui cite des études de 1993 à 1998, elle a lancé : « Le gouvernement de M. Jospin était donc bien averti (...). Il a eu à la fois la durée et les moyens pour agir. Qu’avez-vous fait concrètement face à ce problème précis des délocalisations dont le mouvement était connu pour s’amplifier dangereusement ? » La ministre a ensuite lancé la charge contre la loi dite de modernisation sociale, puis contre les 35 heures : « A qui fera-t-on croire que les 15 millions d’euros qui ont été dérivés pour la financer n’auraient pas pu être mieux utilisés pour lutter contre ces délocalisations et pour revivifier les sites menacés ? » Avant de rappeler les efforts faits par le gouvernement : sauvetage d’Alstom, mesures fiscales en faveur des entreprises, de la recherche, et mobilisation de l’Europe pour la définition d’une « authentique politique industrielle de l’Union ».

Face aux questions des électeurs sur ce sujet difficile, chacun lance ses réponses, affûtant ses arguments pour la campagne électorale.

Voir en ligne : Le Monde

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