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Les groupes du CAC 40 créent plus d’emplois hors de France

mardi 2 mars 2004.

En france, 15 % des salariés (soit 2 millions de personnes) produisent des biens et des services pour le compte d’entreprises filiales de groupes étrangers. Dans le même temps, les filiales d’entreprises françaises salarient plus de 3,5 millions de personnes hors de l’Hexagone. L’étude du Commissariat du Plan met en valeur le clivage que la mondialisation provoque quant à l’emploi.

Des entreprises internationalisées, comme Alstom, Aventis, Carrefour, Pinault Printemps-Redoute ou Vivendi, créent aujourd’hui plus d’emplois hors de nos frontières qu’à l’intérieur. Alors que les entreprises non financières de l’indice CAC 40 emploient, en France, 1,3 million de personnes environ - un chiffre stable depuis 1997 -, la progression de leurs effectifs à l’étranger est foudroyante : entre 1997 et 2002, ils sont passés de 2,5 millions à 3,8 millions de salariés, soit une augmentation de 52 %. Or, sur la même période, « la progression globale des effectifs des groupes français du CAC 40 est en moyenne de 5 %, alors qu’elle est de 43 % pour le reste du monde », indique le rapport. Ce qui signifie que l’essentiel des effectifs demeure encore dans le pays d’origine, mais que les nouveaux investissements ont lieu massivement ailleurs.

À DOUBLE TRANCHANT

Les capitaux étrangers entrants n’ont compensé que partiellement les flux sortants. Ils n’ont pas permis de résorber significativement le chômage, mais ont contribué à maintenir la France dans le camp des pays industriels. « Les sites de production manufacturière dominent plus que jamais, en nombre d’emplois créés dans les investissements internationalement mobiles. En y ajoutant la réalisation de logiciels, ils atteignent 58 % de l’emploi total créé », estime le rapport.

Les nouvelles technologies ont eu un rôle moteur dans la création d’emplois en France, même si l’éclatement de la bulle Internet, en 2000, a ralenti le processus. « Les centres d’appel et les fournisseurs de services en ligne diminuent de moitié leurs prévisions de création d’emplois, note le rapport du Plan. Ils demeurent malgré cela une des premières activités créatrices d’emploi. » Les investissements étrangers ont aussi « un rôle positif » quant à « la diffusion de nouvelles expertises de gestion, à l’ouverture réciproque de marchés partenaires et à l’apport de technologies ».

Ce rôle positif des investissements étrangers est néanmoins à double tranchant. Bon nombre d’entreprises prennent pied en France en rachetant des acteurs locaux, généralement des PME qui sont un élément-clé du dynamisme économique tricolore. « Entre 1990 et 1998, le nombre de groupes étrangers s’implantant sur le territoire national à travers une ou plusieurs PME a quadruplé. L’implantation des groupes étrangers s’est faite de plus en plus par le rachat d’entreprises au détriment de la création. Ces rachats sont souvent accompagnés de diminutions d’effectifs », constate le rapport du Plan. Du coup, la productivité des filiales françaises de sociétés étrangères est souvent supérieure à celle de leurs concurrents nationaux.

Lire le rapport du Commissariat général au Plan sur le site de la Documentation française : Mondialisation et recomposition du capital des entreprises européennes

Voir en ligne : Le Monde

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