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Alitalia paralysée par les atermoiements du gouvernement italien

mercredi 18 février 2004.

Dans l’interminable crise traversée par Alitalia, la parole est passée au gouvernement qui avait convoqué une réunion consacrée à l’avenir de la compagnie nationale italienne. Au terme d’un conseil d’administration qui a duré cinq heures lundi soir, le conseil d’administration de la compagnie a invité son interlocuteur public à clarifier ses intentions, sachant que ce dernier avait mis sous le boisseau le plan industriel qui lui avait été présenté en novembre par l’administrateur délégué, Francesco Mengozzi. Pour un observateur extérieur comme l’est Jean-Cyril Spinetta, le président d’Air France, ce plan est « excellent », « c’est même le meilleur que j’ai vu depuis longtemps ». Et pourtant il n’a toujours pas été prolongé dans les faits. Alitalia est aujourd’hui prise en otage par ses syndicats sans que le gouvernement ne décide une marche à suivre. Silvio Berlusconi cherchait pourtant à se montrer optimiste hier : « J’emploierai tout mon talent à résoudre un problème que d’autres n’ont pas su régler. » Pour leur part, les syndicats ont déposé un préavis de grève générale dans l’ensemble du transport aérien pour le 5 mars prochain, en solidarité avec les salariés d’Alitalia.

Plus le temps passe, plus s’approche le moment où il faudra faire les comptes. Depuis des semaines, Francesco Mengozzi, désigné à ce poste en février 2001, affirme que la survie de la compagnie n’est plus qu’une question de mois : « Ou on applique le plan industriel tel qu’il est, ou il n’y a pas de sauvetage possible. » Umberto Bossi, le leader de la Ligue du Nord, prévoit qu’Alitalia devra se résoudre à déposer son bilan « dans les six mois » si aucune solution n’est trouvée rapidement.

Les syndicats ne semblent pourtant pas de cet avis. Les grèves à répétition qui ont paralysé la compagnie depuis le début de l’année ont provoqué la suppression de centaines de vols. Ces grèves auraient fait perdre 100 millions d’euros de résultat à la compagnie.

Mais la majorité au pouvoir à Rome est profondément divisée sur le dossier. La Ligue du Nord n’a de cesse d’exiger que les vols intercontinentaux soient rapatriés sur l’aéroport de Milan-Malpensa, une solution défendue par le président d’Alitalia Giuseppe Bonomi. Cette proposition est battue en brèche par le gouverneur du Latium, Francesco Storace, qui dirige l’Alliance Nationale postfasciste. Ce dernier met en doute son efficacité économique.

L’autre problème, plus épineux encore, est celui des suppressions de postes. Il concerne 1 400 emplois sur 22 536 ainsi que 1 200 postes résultant de transferts d’activité à des sociétés externes. Les syndicats ne veulent pas en entendre parler. Le ministre du Travail Roberto Maroni propose des mesures de conversion financées par l’Etat. « On peut facilement trouver une solution. Ce qui nous préoccupe, c’est la nécessité d’éviter qu’Alitalia soit réduite au rôle de vecteur régional, ce qui la placerait en situation d’extrême faiblesse. »

Voir en ligne : Le Figaro

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