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Le ciel en faillite

mardi 17 février 2004.

LA LIBÉRALISATION du transport aérien n’est pas la panacée. On l’observe aux Etats-Unis, où le gouvernement a dû apporter des aides massives aux compagnies pour éviter une faillite générale après les attentats de 2001 et où United Airlines se débat toujours avec les pires difficultés financières.

Mais la réglementation par l’Etat ne va pas non plus sans échec. On le déplore en France, où Air Littoral devrait venir allonger la liste impressionnante des compagnies régionales contraintes à la faillite. Le tribunal de commerce de Montpellier devait prononcer la liquidation judiciaire d’Air Littoral, mardi 17 février, au bout de six mois de procédure, faute d’une proposition de reprise crédible.

Le ciel des vacances, déjà chargé par cette faillite, se trouve, en outre, bloqué par une grève des contrôleurs de l’aéroport d’Orly. Les pouvoirs publics ont eu beau réquisitionner les salariés au nom du service minimum, seuls 40 % des vols pouvaient être assurés depuis lundi, et, sauf heureuse surprise, les perturbations devraient durer jusqu’à vendredi.

La direction du contrôle aérien veut regrouper à Roissy les personnels chargés de l’approche des avions ; ne resteraient à Orly que ceux chargés de l’approche finale et du trafic au sol. Mais les syndicats CGT   et CFDT  , majoritaires à Orly, refusent que leurs camarades partent à Roissy, où le SNCTA (Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien) est majoritaire... S’opposer en période de vacances, comme le font la CGT   et la CFDT  , à la raison technique et économique pourrait déconsidère sérieusement la raison syndicale.

L’Etat reste également ferme sur le dossier Air Littoral, malgré les pressions des élus locaux de la région Languedoc-Roussillon, région qui se voit privée, provisoirement, de certaines de ses liaisons aériennes et d’une source importante d’emplois. Mais, au-delà, le gouvernement doit repenser entièrement sa « régulation » des petites compagnies après les chutes en série d’Air Jet, d’Air Liberté et d’Air Littoral. Il n’y a en réalité pas de place aux côtés d’Air France et de la SNCF armée de ses TGV pour un second pôle aérien sérieux et rentable.

D’où un défilé d’affairistes qui promettent beaucoup aux élus locaux mais qui ne peuvent tenir malgré une domiciliation dans des paradis fiscaux et une gestion digne d’un concours d’acrobatie aérienne : un ancien syndicaliste, une banque canadienne, des fonds américains, un « Hollandais volant », un richissime suédois. Tous annoncent des capitaux qu’ils se gardent bien d’apporter. Ils profitent de la crédulité des élus et de leurs subventions disproportionnées. Les pouvoirs publics ont trop longtemps accepté en cédant à la fois aux demandes des élus locaux et à celles d’Air France, bien contente de n’avoir que cette pitoyable concurrence en face d’elle.

Seuls des transporteurs adossés à des compagnies à succès, comme Air France ou les entreprises « à bas coûts » britanniques, permettront d’organiser solidement le transport aérien français. Ce n’est pas garanti, mais le modèle actuel a, lui, fait faillite.

Voir en ligne : Le Monde

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