Accueil > ACTU > Le ciel européen dans la tourmente

Le ciel européen dans la tourmente

mardi 17 février 2004.

Alors que la grève des aiguilleurs du ciel à Orly perturbe le trafic aérien en Ile-de-France, la compagnie Air Littoral devait être déclarée en faillite, mardi 17 février. L’offensive des compagnies à bas coûts déstabilise l’ensemble du secteur en Europe.

Le monde du transport aérien traverse une zone de turbulences. Même si les trois événements n’ont aucun lien entre eux, la faillite d’Air Littoral, le plan d’économies d’Air France et la grève des contrôleurs aériens illustrent la fragilité d’un secteur majeur pour l’économie mais qui reste extrêmement fragile.

 Contrôleurs aériens.

La grève se poursuivait mardi à Orly, après avoir été suivie à 100 % lundi. Le mouvement s’est étendu au centre d’Athis-Mons (Val-de-Marne), provoquant quelques retards et annulations à Roissy Charles-de-Gaulle, a-t-on appris de sources aéroportuaires. Le porte-parole de l’Union syndicale de l’aviation civile (USAC-CGT  ), Guy Maisonneuve, a indiqué que la grève pourrait être reconduite la semaine prochaine en cas d’échec des négociations.

  Air Littoral.

Sauf coup de théâtre dans la matinée, la liquidation judiciaire de la compagnie régionale Air Littoral devait être prononcée par le tribunal de commerce de Montpellier, mardi 17 février à 14 heures. Après six mois de procédure de redressement judiciaire, de nombreux échecs de reprise, après la non-reconduction du certificat de transport aérien de la compagnie, vendredi 13 février, et le retrait de sa licence d’exploitation, lundi 16 février, la juridiction consulaire héraultaise devait se résoudre à prononcer une sentence sans cesse différée. Elle a été rendue inéluctable après le retrait du financier Alain Duménil, désigné comme repreneur le 5 février, mais qui n’a pas versé le million d’euros exigé par le Conseil supérieur de l’aviation marchande (CSAM) pour entériner la cession de l’entreprise. Cette somme paraissait pourtant modique. D’autant que le conseil régional du Languedoc-Roussillon s’était engagé à verser une avance remboursable de 4 millions d’euros pour « tout repreneur ».

Les 444 salariés de la compagnie devraient être licenciés dans les quinze jours. Une centaine d’employés d’Air Littoral Industrie, la filiale maintenance du groupe, devraient connaître le même sort. Une audience du tribunal de commerce est bien programmée pour une reprise de cette société, mais tous les candidats ont annoncé que le périmètre social de leur offre dépend de la survie de la compagnie mère.

  Air France.

Selon Les Echos du mardi 17 février, la compagnie nationale est en train de préparer un plan drastique d’économies. Alors que le précédent - appelé « Performance 2003 » - portait sur 280 millions d’euros, celui en cours de préparation viserait à réaliser 1 milliard d’euros d’économies par an. Les Echos ne détaillent pas l’ensemble du plan. Le quotidien indique simplement que la compagnie chercherait à économiser 100 millions d’euros par an, soit 10 % de l’objectif total, sur le programme « moyens-courriers ». Il s’agirait en particulier de réduire les prestations à bord - tout en les maintenant gratuites -, ce qui permettrait de réduire le nombre d’hôtesses et de stewards embarqués. Les effectifs actuels sont en effet supérieurs à ce qu’exigent les normes de sécurité. La direction ne fait aucun commentaire. Jean-Cyril Spinetta avait présenté un programme d’économies lors de l’annonce des résultats semestriels, en novembre 2003, et la fusion à venir avec le néerlandais KLM devrait permettre de dégager des synergies.

Alitalia.

L’avenir d’Alitalia est à nouveau entre les mains du gouvernement italien, qui devait examiner, mardi 17 février, l’éventualité d’une remise en cause du plan industriel de la compagnie aérienne italienne. Celui-ci prévoit le retour à l’équilibre de la compagnie nationale italienne en 2005, mais au prix de 2 700 suppressions d’emplois, ce qui a causé plusieurs mouvements de grève ces dernières semaines.

Lundi 16 février, au terme d’une réunion marathon qui a duré cinq heures, le conseil d’administration de l’entreprise est resté divisé. Dans une lettre adressée à la présidence du conseil, les administrateurs d’Alitalia ont donc demandé à l’Etat, encore actionnaire majoritaire dans l’attente de la privatisation, de prendre ses responsabilités.

  British Airways.

La compagnie britannique affiche d’importants profits - 183,8 millions d’euros au cours du troisième trimestre de l’exercice 2003-2004, en progression de 400 % par rapport à la même période de 2003, pour un chiffre d’affaires de 1,891 milliard de livres (2,764 milliards d’euros), en modeste augmentation de 1,8 %. Néanmoins, les syndicats affirment qu’un plan d’économies devrait entraîner la suppression de 4 000 emplois.

Voir en ligne : Le Monde

aller en haut de page
Mots-clés

SPIP | Copyright © 2002 - 2012 SUD Aérien.org | Conception et habillage snoopit31

Mentions légales| squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0