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L’avenir d’Air Littoral est suspendu à un apport financier du repreneur, la société Alain Duménil

lundi 16 février 2004.

Le nouvel acquéreur de la compagnie méditerranéenne en faillite avait jusqu’au lundi 16 février dans la soirée pour verser 1 million d’euros, quatre fois moins que l’aide apportée par la région

Clouée au sol depuis le vendredi 13 février à minuit par la décision de la direction générale de l’aviation civile (DGAC  ) de ne pas renouveler son certificat de transport aérien (CTA), la compagnie régionale Air Littoral, qui emploie 444 salariés et dont le siège social est à Montpellier (Hérault), espère encore reprendre ses vols et éviter la liquidation. Depuis le samedi 14 février, tous les acteurs locaux de la procédure de redressement judiciaire, engagée le 21 août 2003 en raison de l’incapacité de la compagnie d’honorer sa dette publique (67 millions d’euros), interviennent pour dénoncer la décision du ministère des transports.

Dans un communiqué signé du ministre Gilles de Robien et du secrétaire d’Etat Dominique Bussereau, adressé vendredi aux rédactions une heure avant l’heure fatidique, le gouvernement estime, avec la DGAC  , que les « garanties essentielles pour assurer le fonctionnement d’Air Littoral ne sont plus réunies ». « Il n’est pas possible, écrivent-ils, pour des raisons de sécurité des passagers, de prolonger l’activité de la compagnie. » Dans un courrier, le directeur de l’aviation civile pour le Sud-Est motive ce refus par la durée de la procédure de redressement judiciaire : « Difficultés économiques, risques de liquidation, annonce de plan social, non-aboutissement de multiples propositions de reprise... Parce qu’elle s’inscrit dans un tel environnement, l’activité professionnelle ne saurait se poursuivre sans risque sur le niveau de concentration et de vigilance des équipages et des personnels au sol. »

Soutenue, sur ce volet, par de nombreux salariés, la direction d’Air Littoral entend saisir en référé le tribunal administratif pour faire annuler la décision de la DGAC  . « Nous sommes sous contrôle permanent, commente le directeur général, Jean Durand. Qu’on invoque la sécurité pour nous refuser le CTA est proprement scandaleux ! » De fait, de récents audits ont conclu au parfait respect des réglementations. Le directeur de l’aviation civile l’écrit lui-même, de nombreux contrôles techniques ont été effectués depuis le dépôt de bilan de la compagnie.

Les « éléments de contexte » invoqués ne sont ainsi pas nouveaux. Pis, une solution de reprise est espérée par les salariés depuis le 5 février, date à laquelle le tribunal de commerce de Montpellier a décidé d’un plan de cession de la compagnie en faveur d’Alain Duménil, via sa société Filature du Favreuil. Malgré l’annonce d’un deuxième plan social en trois mois, des perspectives de sauvetage semblaient se dessiner.

Mais le ministère des transports explique pourtant également qu’Alain Duménil « n’a pas été en mesure d’apporter les justificatifs et les fonds nécessaires ». Le délibéré de la juridiction consulaire fixait en effet au jeudi 12 février la date limite d’obtention d’une licence d’exploitation et d’un CTA pour la nouvelle société contrôlée par M. Duménil. Le repreneur devait ainsi prouver au Conseil supérieur de l’aviation marchande (CSAM) et à la DGAC   son sérieux et ses capacités financières. Mais le montage proposé et le niveau des fonds propres n’ont pas convaincu.

AVIONS CLOUÉS AU SOL

De réunions ministérielles en coups de téléphone au conseil régional pour s’assurer d’une participation financière, la date limite a été repoussée par le tribunal de commerce. De vingt-quatre heures. Puis de trois jours. Le ministère a vu rouge, en se souvenant d’un épisode similaire avec l’investisseur italien Seven Group, et a tranché en clouant les avions au sol.

Un ultimatum à une juridiction qui accepte sans doute trop facilement de repousser ses échéances. Un ultimatum au repreneur également. Celui-ci avait théoriquement jusqu’au lundi 16 février, en fin de journée, pour verser 1 million d’euros sur les comptes de la compagnie, la région s’engageant, elle, à verser 4 millions d’euros sous forme d’une avance remboursable.


Un enjeu majeur des élections régionales

Au-delà des considérations économiques du dossier très importantes pour Languedoc-Roussillon, Air Littoral est un enjeu majeur de la campagne des élections régionales. Marc Dufour, son ancien dirigeant, brigue en effet la présidence du conseil régional sous l’étiquette UDF contre le sortant UMP, son ex-ami Jacques Blanc, qu’il accuse aujourd’hui de n’avoir rien fait pour aider Air Littoral.

Samedi 14 février, M. Dufour mettait en cause « l’Etat UMP », qui aurait « tué la compagnie aérienne », même si le ministre des transports, Gilles de Robien, est le seul élu UDF du gouvernement. M. Blanc a récemment répondu aux attaques en transformant une caution en avance remboursable, quitte à verser quatre fois plus que le repreneur déclaré. Georges Frêche, candidat de la gauche et maire de Montpellier, garde plus de distance. S’il assure quelquefois qu’il fera racheter Air Littoral par l’allemand Lufthansa s’il est élu, il espère surtout que la droite paiera le prix fort si la compagnie disparaît.

Voir en ligne : Le Monde

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