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Air Littoral : la compagnie au bord de la liquidation

lundi 16 février 2004.

Les quelque 500 salariés d’Air Littoral ont tenu samedi des assemblées générales dans les deux hubs où la compagnie est présente, à Montpellier et Nice, pour voir comment aborder la nouvelle situation de la compagnie, dont les avions sont cloués au sol sur décision du ministère des Transports.

Près de six mois après son dépôt de bilan, après plus de quinze passages au tribunal de commerce de Montpellier et une foule de repreneurs pressentis, la compagnie aérienne se retrouve depuis vendredi soir au bord de la liquidation, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC  ) ayant refusé de reconduire le certificat de transporteur aérien (CTA) de la compagnie, faute de garantie du repreneur, le groupe Alain Duménil.

Le sort de la compagnie sera réglé lundi par les juges du tribunal de commerce de Montpellier, le tribunal ayant accepté de donner ce temps au repreneur pour obtenir la licence de la compagnie.

A Montpellier, où se trouve le siège de la compagnie, les salariés n’affichaient guère d’optimisme, sauf peut-être ceux de la filiale maintenance, Air Littoral Industrie. Courant janvier et février, trois sociétés se sont manifestées pour reprendre cette filiale qui emploie encore 160 personnes sur l’aéroport montpelliérain.

Les candidats ont jusqu’à lundi midi pour faire connaître leur offre, mais plus de 75% du chiffre d’affaire de la société de maintenance dépend de l’activité de la compagnie. « S’il y a des repreneurs, ce sera sûrement sur des bases plus modestes », confiait, lucide, un salarié.

Concernant le sort de la compagnie, « nous ne voulons pas considérer que c’est complètement perdu », a affirmé Valérie Rodrigo, représentante du syndicat SNPNC   (navigants commerciaux) au comité d’entreprise. « La problématique est financière : Alain Duménil doit apporter 7,5 millions d’euros tout de suite, dont 1 million d’euros en fonds propres. La question, c’est : oui ou non est-il en mesure d’apporter ce million en fonds propre ? Les raisons techniques avancées par le ministère pour refuser de délivrer le CTA ne tiennent pas la route ».

De son côté, le repreneur a avoué sa stupéfaction et sa consternation et privilégie, comme la direction, une analyse plus politique. Joint au téléphone par l’Associated Press, Me Jean-Marc Sanchez, représentant d’Alain Duménil, estime qu’une seule chose est claire dans ce dossier : « On veut tuer Air Littoral. Qui et pourquoi, je n’ai pas la réponse. Nous avons tout fait pour essayer de sauver la compagnie et nous continuerons, mais la réponse appartient maintenant aux pouvoirs publics ».

Pour Eric Lebœuf, délégué CFDT   des personnels au sol à Nice, « on paie le précédent d’Air Lib. En 2001 et 2002, le gouvernement actuel, qui était alors dans l’opposition, a tiré à boulets rouges sur le ministre des Transports d’alors, Jean-Claude Gayssot, lui reprochant de donner de l’argent public à une compagnie privée. Le gouvernement actuel ne veut pas qu’on lui rappelle ce précédent ».

Côté passagers, la situation est également mal vécue. « Les passagers ont été reroutés sur d’autres compagnies et ont dû racheter un billet », explique Eric Lebœuf. « Les autres ont essayé de se faire rembourser ». Air Littoral aurait dû assurer une quinzaine de vols sur la plateforme de Nice samedi.

Air Littoral a déposé son bilan le 21 août 2003 en raison de son incapacité à rembourser une dette publique de 67 millions d’euros. Le tribunal de commerce a retenu, sous conditions, le 5 février la proposition d’Alain Duménil, un homme d’affaires spécialisé dans l’immobilier et le textile qui souhaite reprendre dix des 17 avions et 292 des 434 salariés de la compagnie (sans la filiale maintenance).

Voir en ligne : Le Nouvel Obs

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