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Air Littoral lutte contre sa fin annoncée

samedi 14 février 2004.

Les quelque 500 salariés d’Air Littoral sauront lundi si la dernière compagnie régionale française échappe à la liquidation, mais leurs espoirs sont minces maintenant que les avions sont cloués au sol sur décision du ministère des Transports, lassé d’attendre l’argent du repreneur.

Jean Durand, directeur général du transporteur montpelliérain, a toutefois annoncé samedi matin son intention d’engager un recours en référé auprès du tribunal administratif de Montpellier. En attendant, les avions d’Air Littoral rejoignaient samedi le tarmac de Montpellier.
La Direction générale de l’aviation civile (DGAC  ) a fait connaître vendredi soir son refus de reconduire pour quatre jours le certificat de transporteur aérien d’Air Littoral, le ministère estimant que le repreneur désigné le 5 février, la Filature du Favreuil d’Alain Duménil, n’avait « pas apporté les justificatifs et les fonds nécessaires pour permettre la délivrance de ces documents ».
« Les garanties essentielles pour assurer le fonctionnement d’Air Littoral ne sont plus réunies » et « il n’est pas possible, pour des raisons de sécurité des passagers, de prolonger l’activité de la compagnie », expliquait-on.

Pour la direction d’Air Littoral, cette mesure est infondée et prématurée. En ce qui concerne les finances, « l’ensemble des éléments prévus au plan de reprise sont en cours de réalisation et seront bouclés lundi, comme prévu », a assuré Jean Durand lors d’une conférence de presse au siège montpelliérain.

En outre, a ajouté le directeur général, « nous avons créé hier (vendredi) la société nouvelle qui allait reprendre la compagnie : Air Littoral Finance, dont Alain Duménil prend la présidence et la majorité du capital, soit 51%. La convention avec la Région Languedoc-Roussillon, qui doit avancer 4 millions d’euros, est signée ».
Pour ce qui est de la sécurité des avions, « cela fait plusieurs semaines que nous sommes sous le contrôle permanent de la DGAC   et tous les contrôles opérés aussi bien au sol que sur les avions ont prouvé que la sécurité était assurée », a affirmé M. Durand.

La direction espère encore rattraper les choses d’ici lundi soir, date-butoir fixée par le tribunal de commerce pour que le repreneur présente un dossier répondant à toutes les conditions fixées le 5 février.
Mais les salariés ne cachent pas que la liquidation n’est pas loin : « Le ministère nous lâche à la veille des vacances scolaires, alors que les avions étaient pleins. Si on avait voulu tuer Air Littoral, on ne s’y serait pas pris autrement », estime une salariée qui a requis l’anonymat et se dit décidée néanmoins à se rendre à participer à l’assemblée générale extraordinaire samedi après-midi au siège de la compagnie.
De source proche de la direction, on évalue à un million d’euros le coût de chaque jour d’immobilisation des avions, pour une compagnie dont les caisses sont déjà vides.

Du côté des syndicats, un délégué s’exprimant sous le couvert d’anonymat soupçonnait une manœuvre politique. « Jacques Blanc (UMP), qui préside la Région, a toujours suivi de près le dossier et aidé la compagnie. Mais cette année, il est menacé par la candidature du socialiste Georges Frêche, le maire de Montpellier. C’est comme si Paris ne croyait plus aux chances de Jacques Blanc et, du coup, laissait tomber un dossier qui lui tient à cœur », déclarait ce délégué.

La Filature du Favreuil, spécialisée dans l’immobilier et le textile haut de gamme, proposait de reprendre dix des 17 avions et 292 des 434 salariés. Quelque 251 personnes avaient déjà fait l’objet d’un premier plan social en septembre.

Le groupe était notamment censé apporter immédiatement 7,5 millions d’euros dans la compagnie et 15 millions d’euros au total sur trois ans.

Air Littoral a déposé son bilan le 21 août 2003, avec une dette publique de 67 millions d’euros. Pour la société de maintenance Air Littoral Industrie, qui emploie 200 personnes à Montpellier, les candidats ont jusqu’à lundi midi pour faire connaître leur offre. Le tribunal doit statuer mardi

Voir en ligne : Le Nouvel Obs

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