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Air Littoral cloué au sol par le gouvernement

samedi 14 février 2004.

L’annonce du non-renouvellement de la licence d’Air Littoral, vendredi soir 13 février, par le ministère des transports au nom de la sécurité des passagers, a surpris la direction de la compagnie montpelliéraine, dont la reprise venait d’être accordée au groupe financier Duménil.

Soutenu par un prêt de la région de 4 millions d’euros, le repreneur, ne prévoyant de garder que 292 des 450 salariés, promettait d’injecter rapidement 3 millions d’euros afin de respecter les conditions du Conseil supérieur de l’aviation marchande.

Annonçant un recours en référé auprès du tribunal administratif, le directeur général d’Air Littoral, Jean Durand, s’est déclaré « révolté et scandalisé par cette décision administrative incompréhensible alors que nous étions à la veille de trouver une solution ». « Air Littoral est sous contrôle permanent de la DGAC   (Direction générale de l’aviation civile) qui réalise des audits réguliers en vol comme au sol et les conclusions ont toujours été exemplaires. Qu’on évoque un problème de sécurité est scandaleux », a-t-il ajouté. Déplorant des « salariés pris en otage », il a admis que la décision du ministère représentait « un risque fort de non-redémarrage ».

Habitués aux rebondissements depuis le dépôt de bilan de la compagnie en août, les salariés, dont la plupart avaient appris la nouvelle par les médias, étaient sous le choc. « Les salariés d’Air Littoral sont déboussolés par cette décision qui a été faite la veille du week-end. On ne peut même pas appeler le ministère des transports », a déploré Stéphane Brelières, représentant du Comité d’entreprise et délégué du Syndicat national des stewards et hôtesses. « Tant qu’il n’y a pas eu d’audience liquidataire, on n’est pas liquidé », voulait-il encore croire, tandis que les employés arrivaient progressivement au siège de la compagnie.

« C’EST FOUTU »

Pour Norbert Pinton, commandant de bord depuis seize ans à Air Littoral, l’optimisme n’était toutefois pas de mise. « C’est une issue pitoyable. La boîte est viable, les salariés ont toujours joué le jeu, mais nous payons des années de mauvaise gestion », peste-t-il, avant de confier : « J’espère me tromper mais je crains que, quand l’Etat a décidé quelque chose, on peut toujours gesticuler, c’est foutu ».

Beaucoup dénonçaient un « règlement de comptes politique » entre le gouvernement et l’ancien patron d’Air Littoral, Marc Dufour, tête de liste de l’UDF aux élections régionales.

Samedi matin, l’agitation gagnait aussi l’aéroport de Montpellier, situé à deux pas du siège d’Air Littoral, où trois avions de la compagnie ont été cloués au sol, tandis que les salariés réclamaient le rapatriement des quatorze autres appareils, en escale ailleurs.

Plusieurs dizaines de passagers, dont certains avaient appris « dans le taxi » l’annulation des vols, laissaient éclater leur mécontentement auprès du guichet d’Air Littoral qui ne pouvait ni leur rembourser les billets, ni les dérouter sur d’autres compagnies.

Voir en ligne : Le Monde

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