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Air Littoral en fin de vol

samedi 14 février 2004.

Le ministre des Transports n’a pas accordé sa confiance au repreneur.

Le nouveau repreneur d’Air Littoral, désigné le 5 février par le tribunal de commerce de Montpellier, n’aura pas vécu plus d’une semaine. Vendredi, tard dans la soirée, le ministre des Transports a décidé de ne pas faire confiance à la Filature du Favreuil. Conséquence : la cessation des vols d’Air Littoral à minuit vendredi, et la probable liquidation de la compagnie.

« Les services techniques de la direction générale de l’aviation civile estimant que les garanties essentielles pour assurer le fonctionnement d’Air Littoral ne sont plus réunies, il n’est pas possible, pour des raisons de sécurité des passagers, de prolonger l’activité de la compagnie », a annoncé vendredi soir le ministère dans un communiqué, à peine plus d’une heure avant la cessation de la licence d’exploitation de la compagnie.

Voilà six mois que la recherche d’un repreneur avait commencé, à la suite du dépôt de bilan prononcé le 21 août. En novembre, un fonds d’investissement italien avait été choisi. Mais sa promesse d’investissement de 11 millions d’euros n’avait pas été tenue. Les espoirs s’étaient donc reportés ces derniers jours sur la Filature du Favreuil. Mais ce repreneur soulevait de nombreuses questions. Société sans salarié et domiciliée chez un prestataire, elle était présentée comme une filiale d’un groupe Duménil dont il s’avérait qu’il n’avait pas d’existence juridique (Libération du 10 février).

Douteux. Certains représentants du personnel se demandaient si ce plan de reprise douteux n’avait pas pour unique objectif de faire voler la compagnie jusqu’aux élections régionales.

Restait donc à obtenir le feu vert du gouvernement. Le ministre des Transports, Gilles de Robien, et son secrétaire d’Etat, Dominique Bussereau, ex-directeur de cabinet du président de la région Languedoc-Roussillon, disposaient depuis lundi d’un avis du Conseil supérieur de l’aviation marchande (Csam) plus que mitigé sur le projet. « Le montage proposé et le niveau des fonds propres présentent de grands risques pour la pérennité de l’entreprise », estimaient les 45 membres de l’organisme, qui avaient assorti leur « avis favorable pour l’obtention d’une licence d’exploitation » de conditions dont « l’apport en fonds propres de 7,5 millions d’euros dès le début de l’exploitation ».

442 employés. « Le repreneur désigné n’a pas été en mesure d’apporter les justificatifs et les fonds nécessaires pour permettre la délivrance » d’une nouvelle licence d’exploitation, explique vendredi le ministère dans son communiqué. Un constat qui laisse sur le carreau les 442 employés, déjà trimbalés depuis l’été de fausses reprises en nouveaux délais. Un constat qui doit aussi faire deux déçus à Montpellier : Jacques Blanc, président UMP de la région Languedoc-Roussillon, candidat à sa propre succession, et Marc Dufour, ex-patron et actionnaire majoritaire d’Air Littoral, tête de liste UDF aux élections, qui espéraient franchir sans ce boulet le cap des régionales.

Voir en ligne : Libération

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