Accueil > ACTU > Air France-KLM engage la consolidation du secteur en Europe

Air France-KLM engage la consolidation du secteur en Europe

jeudi 12 février 2004.

Le ciel est dégagé pour Air France et KLM. La Commission européenne, suivie de peu par le département américain de la Justice (DoJ) ont transmis, hier, aux deux compagnies deux des trois feux verts essentiels à leur fusion. Ne manque plus désormais que l’accord officiel des actionnaires de la compagnie néerlandaise, attendu mi-avril selon KLM, pour lancer l’opération de fusion. Celle-ci devrait débuter aussitôt et durer un mois environ.

Attendu plus tard, l’aval des autorités américaines a suivi de quelques heures seulement celui de Bruxelles. « Nous avons conclu notre enquête, nous avons conclu nos recherches et n’avons pas pris de mesures », a indiqué succinctement, hier soir, le porte-parole du ministère de la Justice. La promptitude du ministère peut surprendre même si un accord était anticipé par les analystes. « Une décision négative des autorités américaines pourrait avoir des répercussions sur Delta Airlines, partenaire d’Air France dans l’alliance SkyTeam, alors même que l’administration américaine de l’aviation civile (FAA, Federal Aviation Administration) s’est dit favorable à une consolidation du secteur », assurait la veille l’un d’eux.

A terme, cette mégafusion devrait donner le coup d’envoi de la consolidation de ce secteur, secoué par une crise sans précédent depuis les attaques terroristes de septembre 2001. Déjà, dès l’annonce début octobre du projet de fusion, British Airways a réitéré son intérêt pour l’espagnole Iberia, dont elle contrôle déjà 9% du capital. La compagnie britannique, à l’origine avec American de l’alliance commerciale Oneworld, disait justement attendre la réaction des autorités européennes de la concurrence sur le cas Air France-KLM pour réagir. La Lufthansa pourrait aussi sortir du bois en s’associant avec une compagnie européenne ou en renforçant son partenariat avec l’américaine United, cofondatrice avec elle de l’alliance Star.

La fusion Air France-KLM sonnera a fortiori l’heure d’une nouvelle donne dans la hiérarchie des alliances mondiales. Déjà au coude à coude, Star et SkyTeam se disputent 21% des parts de marchés mondiales, contre 17% pour Oneworld. Skyteam est parvenue à concurrencer sa rivale Star en étendant son association avec Delta, à Continental et Northwest en 2003, après le feu vert du département américain des Transports. Également partenaires de KLM, Continental et Northwest pourraient profiter de la fusion Air France-KLM pour officialiser leur entrée dans SkyTeam « dès l’été 2004 », selon le PDG de Continental, Gordon Bethune.

En attendant, Air France et KLM préfèrent mettre l’accent sur les opportunités créées par leur fusion. D’abord, l’offre publique d’échange d’Air France sur les titres KLM, valorisés 784 millions d’euros, entraînera de fait la privatisation de la compagnie nationale, la participation de l’État passant de 54,4% à 44%.

Ensuite, cette fusion historique entre deux transporteurs européens créera le premier acteur mondial avec 19,7 milliards de chiffre d’affaires. En terme de passagers transportés, le nouveau groupe se hissera au quatrième rang mondial avec 62,8 millions de personnes en 2002. Il s’imposera aussi comme le numéro deux mondial, derrière FedEx, pour le transport de fret avec 8,8 milliards de tonnes-kilomètre. Même les flottes long-courriers des deux compagnies sont homogènes : les Airbus A330-340 et les Boeing 777 constitueront à terme l’essentiel de leur flotte. Sans parler des synergies à venir en matière d’achats et de ventes mises en commun par les deux groupes. Au final, la nouvelle entité mise sur quelque 500 millions d’euros de synergies sur cinq ans. Des synergies « très, très au-delà de ce que pourrait être l’impact d’une compétition renforcée sur certaines dessertes », a assuré, hier, le président d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, sans donner de chiffres.

Pourtant, l’impact de cette fusion ne se fera pas sans quelques écueils heurts. Outre des cultures différentes, les deux compagnies devront gérer un double « hub » (plates-formes de Roissy-CDG et d’Amsterdam-Schipol). Un exercice périlleux même si dès 2006, le TGV nord-européen ira jusqu’à Amsterdam et devrait drainer un grand nombre de passagers. A terme, Schipol devrait se doter d’une sixième piste et traiter jusqu’à 600 000 vols par an en 2010. En matière sociale, si les pilotes des deux compagnies sont considérés comme « très bien payés », seuls les personnels de KLM ont obtenu qu’il n’y ait aucun licenciement sec pendant cinq ans. « Nous créons un groupe mais nous restons deux compagnies aériennes », avait souligné le président d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, en annonçant début octobre son projet de fusion.

Voir en ligne : Le Figaro

aller en haut de page
Mots-clés

SPIP | Copyright © 2002 - 2012 SUD Aérien.org | Conception et habillage snoopit31

Mentions légales| squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0