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Contrôles renforcés pour trois cents navigants d’Air France

jeudi 29 janvier 2004.

Un mois après leur entrée en vigueur, les nouvelles exigences sécuritaires américaines semblent avoir fini par lasser. Pourtant, elles alimentent encore bien des conversations ; à commencer par celles des hôtesses et stewards d’Air France, qu’ils soient ou non directement concernés par une procédure spécifique d’entrée sur le territoire américain aujourd’hui jugée « un peu trop particulière ».

En décembre dernier, les services de sûreté d’outre-Atlantique avaient en effet fait savoir à la compagnie que ses personnels navigants commerciaux (PNC  ) nés dans neuf pays (Algérie, Égypte, Indonésie, Irak, Iran, Liban, Libye, Maroc et Tunisie) feraient désormais l’objet d’un « entretien individuel » sitôt le pied posé en Amérique. Non sans qu’ils aient pris soin, avant leur départ vers les États-Unis, de mentionner ce point précis de leur état civil à leur hiérarchie et leur commandant de bord.

Si cette mesure avait déjà provoqué quelques sursauts d’indignation, elle pose aujourd’hui d’importants problèmes d’organisation. Peu désireux d’avoir à subir systématiquement des « interrogatoires très poussés », et soucieux du retard pris par tout l’équipage à l’arrivée comme au départ des vols, stewards et hôtesses nés dans « les pays à risques » ont commencé à remettre leurs missions américaines en question. « Dans un premier temps, et pour simplifier les choses, l’idée était de laisser aux intéressés leur affectation actuelle, sur long ou moyen-courrier, tout en modifiant leur zone géographique, explique Guillaume de Marnac, conseiller juridique du Syndicat national des personnels navigants commerciaux (SNPNC  ) d’Air France. Or, en travaillant sur long-courrier, on peut difficilement être dispensé de vol vers les États-Unis. »

La semaine dernière, la direction d’Air France a finalement décidé de faire le tour des quelque 300 salariés concernés afin de recueillir leurs préférences (sur 9 500 navigants long-courrier). « Ils peuvent désormais choisir de voler ou non vers les États-Unis, se félicite Philippe Bolac, délégué SNPNC   d’Air France. Certaines contraintes de planning en découlent, mais cela reste relativement gérable. »

Le syndicat Force ouvrière, en revanche, ne se contente pas de ce « palliatif » imposé « sans concertation ». « Le remplacement de ces navigants n’étant pas toujours faisable, qui sait si Air France n’aura pas, un jour, à faire descendre de l’avion ses passagers à destination de New York faute de personnel suffisant à bord ? », s’interroge Patrick Hurel, secrétaire général.

Scandalisé par ces « méthodes humiliantes » et « cette ingérence à discriminer » de la part des États-Unis, le Mrap s’étonne quant à lui que « la France ait laissé passer ça ». Les professionnels croient savoir qu’elle n’est pas la seule en Europe. Alors que la direction d’Air France refuse toujours de communiquer sur ce qu’elle qualifie de « petite note », la compagnie allemande Lufthansa n’a pas souhaité faire davantage de commentaires. Alitalia, pour sa part, préfère ne pas fournir ce genre d’informations... « pour des raisons de sécurité ».

Voir en ligne : Le Figaro

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