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Les compagnies US veulent en finir avec le 11 Septembre 2001 à tout prix

mercredi 28 janvier 2004.

Les compagnies américaines tardent à sortir du rouge

Les majors américaines devraient certes réduire leurs pertes de 5 milliards en 2003, selon l’Association du transport aérien américain (ATA), mais « nous sommes loin d’être tirés d’affaire », juge James May, directeur général de l’ATA.

Parmi les obstacles récurrents, le surcoût de la sûreté, estimé à 3 milliards de dollars par an. Les compagnies réclament aussi d’élargir le recours aux réserves stratégiques de pétrole afin d’abaisser les prix du kérosène. Dans un transport aérien américain qui tarde à se remettre de la crise liée au ralentissement économique et au poids croissant des coûts salariaux, seule la compagnie à bas tarifs Southwest Airlines continue à afficher une santé insolente. La première low-cost américaine a vu son bénéfice net passer de 241 à 442 millions de dollars en 2003. Dans son sillage, de nombreuses compagnies à bas coûts (Jetblue, Frontier, Air Tran) ne cessent de grignoter des parts de marché, amplifiant la crise des compagnies classiques.

Les compagnies aériennes américaines se débattent encore pour en finir avec les conséquences des attentats du 11 septembre 2001 et cherchent toutes les économies possibles, au prix même pour certaines des avantages médicaux de leurs employés... et de leurs retraités (lire Jusqu’où les salariés des compagnies aériennes US feront-ils des concessions) .

Northwest Airlines souhaite des concessions de la part de ses salariés

En annonçant vendredi un bénéfice net de 363 millions de dollars au dernier trimestre de 2003, grâce principalement à des gains exceptionnels, la compagnie régionale Northwest Airlines a averti : à son tour, elle souhaite des concessions de la part de ses salariés.

Pour Richard Anderson, PDG de Northwest, les salaires des employés du groupe représentent la solution ultime : « pour que Northwest réussisse, nous devons maintenant réduire nos coûts du travail à des niveaux compétitifs ».

« Depuis 2001, Northwest a ciblé quasiment toutes les occasions de réductions de coûts non liées à la main d’œuvre (...) Malheureusement, cela n’est pas suffisant », a-t-il expliqué, pour devancer les éventuelles récriminations.

American Airlines divise ses pertes par trois en 2003

Avant lui, Gerard Arpey, le PDG d’American Airlines,première compagnie aérienne mondiale, retombée dans le rouge au dernier trimestre de 2003 avec une perte de 111 millions de dollars, après un troisième trimestre positif,(contre 529 millions pour la même période de 2002) soulignait sans ironie « la volonté de chacun d’entre nous de faire des sacrifices et d’accepter les changements comme un fait inévitable dans la vie d’une compagnie aérienne ».
American Airlines peut effectivement se croire encouragée, car c’est au chapitre des réductions de coûts qu’elle a réalisé le plus de progrès avec une baisse sur un an de 11,9% de ses coûts unitaires au dernier trimestre de 2003.

Pour 2003, elle a divisé son déficit par trois, à 1,2 milliard, contre 3,5 milliards un an auparavant, pour un chiffre d’affaires stable de 17,44 milliards de dollars.
La compagnie a mené à bien en 2003 son plan annuel de réduction des coûts de 4 milliards de dollars, dont 1,8 milliard d’économies de frais de personnels, 2 milliards à la suite d’initiatives stratégiques et 200 millions grâce aux efforts des fournisseurs et des créanciers.

« Le travail nécessaire pour rendre notre compagnie durablement rentable vient juste de commencer », a-t-il prévenu.

La frénésie dans la recherche des économies a frappé tous les secteurs du groupe : American a cédé ses espaces non utilisés dans les aéroports, réduit les horaires de ses plateformes de Chicago et Dallas/Fort Worth, fermé un centre de réservation, réduit la taille de sa plateforme de Saint-Louis et accéléré la mise en retraite d’appareils.
American Airlines a annoncé un accord de partages de codes avec Mexicana. Prévu pour avril, il lui permet de desservir 21 villes supplémentaires au Mexique et pour les passagers des deux compagnies de cumuler les « miles » de leurs programmes de fidélité respectifs.

Delta Air Lines peine à maîtriser ses coûts

Pour Delta Airlines, c’est effectivement là que le bât blesse : l’agence de notation Standard and Poor’s a expliqué avoir dégradé la note sur l’endettement du groupe en raison surtout d’« une structure de coûts d’exploitation relativement élevés ».

La troisième compagnie aérienne américaine a réduit de 10% sa perte nette, à 327 millions de dollars au quatrième trimestre 2003, grâce à des réductions de coûts mais son PDG Gerald Grinstein veut poursuivre sur sa lancée. Le nouveau PDG s’est donné six mois pour passer en revue toutes les activités de la compagnie, remettre à plat sa stratégie et présenter en juillet 2004 un nouveau plan opérationnel au conseil d’administration. « La réduction des coûts sera la première priorité », a-t-il annoncé en ciblant notamment les pilotes. Il veut convaincre leur syndicat d’accepter une baisse des salaires de 22 %. En décembre, ces derniers ont accepté de concéder 9 %, mais refusent d’aller plus loin.

United Airlines prête à tous les coups bas pour sortir de la faillite

United Airlines est « bien placée pour sortir de la protection sur les faillites au premier semestre 2004 », a indiqué hier la compagnie, qui est placée sous le chapitre 11 depuis décembre 2002. En attendant, United Airlines réduit sa perte au quatrième trimestre 2003 à 476 millions de dollars après une perte de 1,473 milliard pour la même période de 2002.

United Airlines a tenté de chercher des économies sur la couverture sociale de ses retraités. UAL voulait que ses 35.000 retraités, bénéficiaires des programmes médicaux auxquels elle cotise, paient une plus large part de leurs prestations de soins mais le personnel navigant de la compagnie aérienne a refusé de signer le nouveau contrat, estimant les propositions d’UAL « illégales ».

Continental Airlines annonce un profit de 38 millions de dollars en 2003

La cinquième compagnie aérienne américaine, Continental Airlines, a enregistré un bénéfice net de 38 millions de dollars en 2003 (contre une perte de 451 millions l’année précédente), pour un chiffre d’affaires de 8,8 milliards, en hausse de 5,6 %. Hors éléments exceptionnels, un gain après impôts de 136 millions et le remboursement des coûts de sûreté par l’administration américaine de 111 millions après impôts, la compagnie aurait accusé une perte nette de 209 millions. Par ailleurs, le groupe a décidé d’immobiliser un certain nombre d’appareils MD 80 dans le but de réduire ses coûts.

US Airways va céder des actifs

US Airways, dix mois après être sortie de la protection sur les faillites, met en œuvre un vaste plan de cession d’actifs pour honorer d’ici juin prochain ses échéances financières. Dans ce cadre, American Airlines et Jet Blue se sont portées candidates au rachat de la navette aérienne exploitée par US Airways entre New York, Washington et Boston.

Southwest Airlines est bénéficiaire pour la 31e année consécutive

Seules les compagnies à bas prix s’en sortent bien, à l’instar de Southwest Airlines qui a enregistré une hausse de 57% de son bénéfice net au quatrième trimestre 2003 à 66 millions de dollars.

Southwest Airlines, pionnière des low cost, a dégagé en 2003 un bénéfice pour la 31e année consécutive. Au titre de l’exercice clos le 31 décembre dernier, la compagnie de Dallas a dégagé un résultat net de 442 millions de dollars (348 millions d’euros), en hausse de 83 % pour un chiffre d’affaires de 5,93 milliards, soit une croissance de 75 %. En gommant les éléments non récurrents (271 millions de subvention publique liée au conflit irakien), le résultat net atteint 298 millions, soit 100 millions de plus qu’en 2002. Southwest, qui indique souffrir de pressions sur les coûts, a décidé de mettre en place diverses mesures pour améliorer sa productivité. Depuis le 15 décembre, elle ne paie plus de commissions sur les vols réservés dans les agences de voyages traditionnelles, ce qui devrait lui permettre d’économiser 40 millions par an.

Ultime pied de nez aux grandes compagnies aériennes, la compagnie a même assuré que ses bons résultats vont lui permettre de reverser 126 millions de dollars au personnel en guise de prime de participation aux bénéfices.

Voir en ligne : AFP et Les Echos

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