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Air Littoral, ces détails qui clochent...
comme pour Air lib et Euralair...

dimanche 25 janvier 2004.

Libération de ce matin passe en revue ces petits gags qui ne font rire personne, en dehors sans doute des bénéficiaires de ces pratiques. Le redressement judiciaire semble avantager certains créanciers de la compagnie.
Où l’on retrouve, notamment, Jean-Charles Corbet, ex-dirigeant d’Air Lib... à Air Littoral. L’une des sociétés de son groupe Holco a été choisie pour contrôler la procédure de règlement judiciaire de la compagnie aérienne montpelliéraine. Plutôt incongru pour ce dirigeant mis en examen pour sa gestion de la défunte Air Lib. A en croire les documents que Libération s’est procurés ­ les requêtes présentées par les administrateurs aux juges-commissaires pour le paiement des factures ­, ce n’est pas la moindre des cocasseries de l’évolution d’Air Littoral. On y trouve des croissants hors de prix, un cabinet d’avocat en doublure de la DRH, un patron retiré des affaires depuis le dépôt de bilan qui a continué à être payé...

Il s’avère que les administrateurs judiciaires chargés de la procédure (Olivier Fabre et Jean-François Blanc, fils du président UMP de la région Languedoc-Roussillon) se sont montrés plutôt compréhensifs vis-à-vis de certains créanciers. Pendant ce temps, la compagnie a laissé grossir son passif : 4,5 millions d’euros supplémentaires depuis le début de la procédure, le 21 août.

Le retour de la bande à Corbet

Pour gérer ses recettes commerciales, Air Littoral faisait appel à Logitair. Cette société, dont le siège est à l’aéroport de Nîmes, est contrôlée à 65 % par Holco, elle-même détenue à 99 % par Jean-Charles Corbet. On y retrouve, en tant que président, Pascal Perri, ex-lieutenant de Corbet, et comme avocat, Yves Léonzi, troisième larron de la bande à Corbet ­ lui aussi mis en examen dans l’affaire Air Lib. En tant que créancier d’Air Littoral, Logitair s’est porté candidat au titre de contrôleur de la procédure de redressement judiciaire d’Air Littoral, ce qui permet d’avoir un oeil sur toutes les opérations et d’émettre un avis. Le juge-commissaire a visiblement estimé que Logitair avait les qualités requises. « Nous suivons avec beaucoup d’intérêt la procédure », explique Pascal Perri. Les deux factures de juin et juillet émises par Logitair ont été payées par son débiteur Air Littoral. Coût : 164 326 euros.

Chers croissants à Figari

L’aubergiste U Fuconu, à Figari en Corse, est en vacances. C’est lui qui a facturé à Air Littoral les croissants fournis aux passagers des trois vols matinaux de la compagnie au départ de cette petite ville, d’avril à août. Invoquant un risque pour la pérennité de son activité, l’aubergiste, qui se fait lui-même livrer les croissants, a demandé à Air Littoral le paiement des cinq mois de fourniture de viennoiserie, soit un montant total de 25 989,45 euros. « L’absence de prestation alimentaire sur les vols du matin mettrait la compagnie dans une position commerciale intenable », justifie Olivier Fabre, qui a demandé au juge-commissaire l’autorisation de payer ce fournisseur rubis sur l’ongle. Ce qui fut fait le 12 septembre. Seulement voilà, même si Air Littoral avait rempli à bloc ses avions, soit 226 passagers par jour sur ces trois vols, 25 989 euros sur cette période, ça fait cher le croissant : 80 centimes d’euro, le prix plafond d’un croissant industriel étant de 20 centimes (selon la profession). A la direction d’Air Littoral, on explique que l’aubergiste fournissait aussi, en sus de la viennoiserie, « des plateaux-repas aux équipages et des hébergements ». Le hic, c’est que l’auberge n’a pas de chambres, et que les plateaux-repas servis aux équipages sont chargés à Marseille, Orly ou Nice, comme ceux des passagers.

Un plan social de luxe

Air Littoral a beau avoir une direction des ressources humaines, elle a fait appel au cabinet d’avocats montpelliérains Dabiens-Celeste-Kalczynki pour mettre en œuvre son plan social. L’administrateur Olivier Fabre a jugé utile de se faire assister par le « conseil habituel de la compagnie ». Justifiant avec un luxe de détails son intervention, le cabinet précise avoir « réalisé l’ensemble de cette mission dans les locaux de la compagnie ». Les avocats ont dû être très discrets. Les représentants du personnel ne les ont jamais vus aux réunions et ont toujours eu pour seuls contacts les administrateurs judiciaires et la direction des ressources humaines. Tant de compétences réunies n’ont pas empêché une cinquantaine de salariés de faire constater par huissier le défaut d’attestation d’employeur nécessaire pour être indemnisé par les Assedic. Montant des honoraires des avocats : 46 000 euros.

Marc Dufour, un long salaire

Depuis son retour comme actionnaire principal d’Air Littoral en juin 2001, Marc Dufour n’exerçait plus de fonctions exécutives au sein de la compagnie. Président du conseil d’administration, il bénéficiait néanmoins d’un salaire mensuel brut de 13 720 euros et d’une Audi A8. Sur requête d’Olivier Fabre, le juge-commissaire a estimé judicieux de maintenir le salaire et la voiture de fonction jusqu’au 15 novembre, date de la cession d’Air Littoral à Seven Group. Il s’agissait, selon Marie-France Dewast, sa conseillère en communication, ex-directrice de la communication de Jean-Claude Gayssot au ministère des Transports, « d’assurer la continuité de l’entreprise ». Interrogé par la presse, Marc Dufour, par ailleurs tête de liste UDF aux régionales, rappelait cependant que depuis le 21 août, date du dépôt de bilan, « il n’était plus concerné par la gestion d’Air Littoral ».

Mais pourquoi a t’il perçu jusqu’en Novembre un salaire de Président du Conseil de Surveillance d’Air littoral qui est une société à conseil d’Administration et que les Président et Directeur Général sont des
mandataires sociaux révocables à tout instant par le Conseil d’Administration, en aucun cas des salariés ? Une question de plus à se poser sur la compétence des conseillers juridiques d’Air littoral.

Les bizzareries du monde de l’aérien

A 2 mois de la privatisation d’Air France, SUD Sérien s’intéroge sur le financement du transport aérien notamment français. Alors que les procédures d’exploitation sont très précises et rigoureusement suivies, les régles de gestion semblent plus floues dans l’aérien français et le Code du Commerce moins respecté que le Code de l’Aviation Civile ! Le monde de l’aérien n’en finit pas de dévoiler des bizzareries financières ou administratives avec la faillite d’Air Lib, d’Aeris et Air Littoral en redressement depuis le 21 août et Euralair en cessation de paiement depuis le 3 novembre mais reparti en quelques jours :

Euralair : à grosse marionnette, grosses ficelles

Air Littoral : il y aurait eu un gel des salaires après le dépôt de bilan !

Voir en ligne : Libération et RadioCokpit.com

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