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Crash du Mont Sainte-Odile : 12 ans après, l’instruction avance enfin

samedi 17 janvier 2004.

Douze ans après le crash d’un Airbus au Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin), l’instruction semble enfin avancer avec la révélation vendredi « d’un dysfonctionnement » de l’appareil de mesure de distance de l’appareil et l’affectation exclusive d’un juge sur ce dossier.

A l’avant-veille d’une cérémonie commémorative, dimanche matin, sur les lieux de la catastrophe en présence de Dominique Perben, une première pour un garde des Sceaux dans ce dossier, c’est une défaillance technique qui paraît la cause la plus probable du crash qui avait fait 87 morts.

De son côté, la justice a décidé de forcer l’allure : le premier président de la cour d’appel de Colmar a annoncé vendredi que le juge d’instruction colmarien André Schmitt, chargé du dossier, allait désormais s’y consacrer « exclusivement ».

Ce détachement est rendu possible par la nomination d’un juge d’instruction qui prendra en charge les 145 autres dossiers que suivait M. Schmitt jusqu’à présent.

Selon le rapport d’étape des experts communiqué à l’AFP par la veuve d’une victime, Danièle Stadler, il est « démontré » « l’existence d’un dysfonctionnement des récepteurs DME Collins 700 équipant l’avion A-320 pendant le vol et plus spécialement pendant la période précédant immédiatement l’accident ».

Le DME (Distance measuring equipment) permet à l’avion de se situer par rapport à des balises au sol et il est « très probable » qu’il mettait « à disposition des pilotes sur leur écran de navigation une carte virtuelle erronée ».

« On a essayé de nous démontrer tout ce temps que le crash était dû à une erreur humaine », a déclaré Mme Stadler dont l’époux est mort sur les lieux de l’accident peu après que l’avion se fut écrasé lors d’une tempête de neige et d’un brouillard givrant le 20 janvier 1992.

Neuf personnes seulement ont survécu à l’accident.

« Cela fait huit ans que nous avions soumis cette hypothèse d’une défaillance du système de mesure à l’instruction », s’est indigné Me Alain Behr, l’avocat des familles de victimes lorraines.

En dépit de l’affectation d’un magistrat exclusivement à ce dossier, les familles réunies au sein de l’association Echo ne décolèrent pas. « Nous restons méfiants. Depuis douze ans que dure l’instruction, nous avons été habitués à être déçus », a commenté son vice-président Paul Renard.

Interrogé sur la dernière expertise, le président de l’association Alvaro Rendon avait estimé avant qu’on apprenne ces résultats qu’elle n’était pas nécessaire. « Nous savons que le crash est dû à un défaut de l’avion, à une erreur de contrôle aérien et à une défaillance de la compagnie. Cela doit finir, on en a marre », avait-il dit.

Depuis 1992, les contre-expertises succèdent aux expertises, blanchissant Airbus Industrie ou soulignant au contraire des dysfonctionnements des instruments de bord, sans permettre à la justice de trancher.

L’avion, qui reliait Lyon à Strasbourg, volait trop bas et s’était écarté de sa trajectoire, à l’approche de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim.

A ce jour sept personnes sont mises en examen pour homicides et blessures involontaires dans ce dossier : trois dirigeants d’Air Inter (devenue Air France), deux cadres de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC  ), un contrôleur aérien ainsi qu’un ancien directeur technique d’Airbus Industrie.

Voir en ligne : AFP et RadioCokpit.com

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