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Mauvais coup pour Air Littoral : Ionis renonce

mercredi 14 janvier 2004.

Le feuilleton de la reprise d’Air Littoral a connu mercredi un nouveau rebondissement après la défection du groupe Ionis qui a renoncé mercredi à l’offre de reprise de la compagnie aérienne régionale.

Il ne reste plus que 5 des 6 offres de reprises pour Air Littoral ou ses filiales, dont trois globales, ont été déposées avant la date limite de dépôt des offres au tribunal de commerce de Montpellier.

Pendant la séance du CSAM de ce jour, IONIS qui avait proposé une reprise globale d’Air Littoral a confirmé ne pas avoir les garanties bancaires en rapport avec les fonds demandés.

L’offre de reprise globale du groupe Air Littoral, déposée lundi auprès du tribunal de commerce de Montpellier, était assortie « d’un certain nombre de conditions qui n’ont pu être levées », selon Ionis.

Le groupe parisien a annoncé ce retrait en invoquant notamment le désengagement de ses partenaires financiers, à l’image du précédent repreneur éconduit, le fonds italien Seven group, incapable de verser le capital prévu de 11 millions d’euros.

« Le niveau d’engagement des banques concernant ce dossier ne permet pas à Ionis Group d’assurer les financements nécessaires dans la durée », a indiqué un communiqué adressé par le vice-président de la société, Fabrice Bardèche.

« Ionis Group ne peut envisager de poursuivre dans ces conditions et annonce que ses offres sont caduques, pour laisser toutes leurs chances à d’autres propositions qui pourraient survenir et assurer la survie sécurisée de l’entreprise », conclut le communiqué.

Sous couvert de l’anonymat, un autre responsable du groupe a dénoncé la « mauvaise surprise de dernière minute réservée par les banques », assurant pourtant que « l’affaire n’était pas terminée ».

La direction d’Air Littoral, qui mardi encore jugeait « sérieuse » l’offre de Ionis, a juste indiqué que l’annonce de son retrait lui semblait « prématurée ». Le comité d’entreprise espérait aussi un revirement.

« Vraiment on ne s’attendait pas à ça », a déclaré, sous le choc, Franck Souvignier, secrétaire-adjoint du comité d’entreprise. « On attendait aujourd’hui les représentants de Ionis, personne n’est venu. Mais on n’est plus à un coup de théâtre près », résumait Philippe Lesbre, délégué du syndicat national des pilotes de ligne.

Ionis Group devait reprendre à la fois la compagnie aérienne et ses deux filiales, Air Littoral Industrie (maintenance) et l’Ecole supérieure des métiers de l’aéronautique (formation).

Aucun plan social supplémentaire n’était prévu suite au dépôt de bilan, en août dernier, d’Air Littoral, qui avait dû se séparer de 251 personnes sur un millier de salariés et réduire sa flotte de 32 à 17 appareils. Toutefois, Ionis souhaitait obtenir une baisse du salaire des pilotes de 15%, selon les syndicats.

Mercredi, le Conseil supérieur de l’aviation marchande (CSAM), qui devait examiner l’offre de Ionis afin de se prononcer sur une éventuelle prolongation de la licence d’exploitation de la compagnie, n’a pu que constater la défaillance financière, selon une source proche du dossier.

Outre l’offre caduque de Ionis, deux autres offres de reprise globale ont été formulées :

  • Un fonds d’investissement américano-suisse, International Business Entreprises demande un délai pour finaliser son offre, a-t-on appris mercredi auprès du comité d’entreprise de la compagnie aérienne.

Contacté par l’AFP, le représentant du fonds d’investissement, Me Jacques Cavanna, a confirmé que IBE était prêt à proposer une reprise globale du groupe Air Littoral, compagnie et filiales, mais nécessitait un délai de 12 à 15 jours pour finaliser son offre.

Basé au Texas, ce fonds dispose d’un important parc immobilier en Suisse, qui constitue une « garantie financière » selon Me Cavanna, et détient, dans le secteur aérien, une petite compagnie américaine.

  • et le groupe Black&White Aviation, qui demande six semaines supplémentaires pour formaliser son offre. Mais il a été noté que ce groupe avait déjà postulé en octobre dernier et n’avait pas alors reçu l’avis favorable du CSAM faute de présenter des garanties suffisantes et un solide plan de reprise.

Par ailleurs, deux offres spécifiques pour Air Littoral Industries ont été déposées respectivement par TAT Industrie et SLM3D. Une dernière offre a été introduite par Aéroconseil pour l’école de formation d’Air Littoral. Les candidatures concernant la compagnie aérienne seront examinées mercredi par le CSAM. Les offres retenues seront examinées jeudi par le tribunal de commerce.

Selon les dernières analyses, le Tribunal de Commerce de Montpellier, dont le nouveau président prenait ses fonctions aujourd’hui n’a que deux possibilités : un nouveau délai accordé à un nouveau candidat pour finaliser une nouvelle offre de reprise, ou une liquidation pure et simple.

Le simple dépôt de bilan « technique » de Monsieur Dufour pourrait tourner à la catastrophe pour les 1000 salariés du groupe.

Voir en ligne : AFP et RadioCokpit.com

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