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Le tourisme cherche une parade face au marasme des compagnies charter

mardi 23 décembre 2003.

L’industrie touristique française, confrontée aux difficultés de compagnies aériennes pratiquant les vols charter, comme Euralair, cherche des parades pour protéger son activité.
Le président de l’Association des tour opérateurs-CETO, René-Marc Chikli, estime que le dépôt de bilan d’Euralair, après ceux d’Aéris et d’Air Littoral et la liquidation d’Air Lib, sont très préoccupants.

« Sur une dizaine de petites compagnies charter en France, la moitié ont disparu ou sont menacées. Or les voyagistes utilisent le charter pour deux tiers des vols », note-t-il.

« Les autorités ont ignoré l’aviation charter en France, déplore M. Chikli, ne s’intéressant qu’aux vols réguliers ». Plusieurs professionnels souhaitent « une réflexion globale au niveau des ministères ».

C’est pourquoi plusieurs professionnels cherchent la parade et envisagent de fédérer l’offre charter française, dans une alliance qui pourrait mettre en commun certains outils, comme un portail internet, et être un interlocuteur pour les pouvoirs publics.

Pour César Balderacchi, président du Snav (Syndicat national des agents de voyages), « il faut une remise à plat de la question du transport aérien ». « Il n’y a pas de tourisme sans transports. Or, si cela continue il n’y aura plus de petites compagnies, plus de concurrence, plus de choix ».

Auparavant, il y avait un grand opérateur charter, Air Charter, adossé à Air France, mais aujourd’hui seuls 30% des vols charter touristiques se font sur des compagnies françaises, ou filiales françaises telles Star Airlines", note M. Chikli.

Certains mettent en cause les compagnies low cost (à bas coût) dans la disparition presque totale des compagnies charter indépendantes. Mais ce n’est pas l’avis de Carlos da Silva, PDG de Go Voyages, tout au moins en ce qui concerne la France.

Les compagnies à bas coûts « concurrencent peut-être les vols réguliers, mais pas les charters, qui sont sur des destinations qui n’intéressent pas les low cost, comme Ibiza, les Canaries, Héraklion, Tenerife... des destinations 100% touristiques ».

Pour M. da Silva, le principal problème des sociétés charter, même si des erreurs de gestion ont pu être commises, c’est « le manque de clients ». Dans le cas d’Euralair, par exemple, dit-il, « un A-310 ne volait pas assez, alors qu’il fallait faire face à des coûts fixes ».

« Le marché est insuffisant, trop petit, trop saisonnier », renchérit Robert Darfeuille, responsable de la commission air du Snav. « Il y a trop de compagnies avec un seul, deux, trois avions... En cas de panne, c’est la catastrophe ».

Afin de s’en sortir, des compagnies pratiquent la location à long terme, comme avec Fram et Go Voyage pour Aeris, et maintenant Air Méditerranée. Aeris a aussi tenté d’affréter des destinations pour remplir ses sièges, et Star Airlines a lancé un tour opérateur en ligne, Crystal.

Pour M. Balderacchi, le problème est aussi un problème de gestion et de compétence. « Il ne sert à rien de mettre sans cesse de l’argent dans des sociétés mal gérées », relève-t-il.

La place du transport aérien dans les forfaits voyage
Le transport, et de plus en plus le transport aérien, représente la moitié du prix des forfaits proposés aux voyageurs.
Un certain nombre de petites compagnies, assurant souvent des liaisons régulières et charter avec quatre ou cinq avions, sont utilisées pour les voyages à forfait : Star Airlines, Aigle Azur, Air Méditerranée.

Les tour opérateurs (Club Med, Fram, Marsans, Go voyages, etc.) utilisent aussi les services de compagnies régulières étrangères pratiquant le charter : Swiss, Tunis Air, Royal Air Maroc, Turkish Airlines par exemple.

Toutefois, les gros voyagistes intégrés, comme Nouvelles Frontières, TUI-France, ou Thomas Cook France, filiales de géants allemands, disposent de leurs propres flottes, comme Corsair pour Nouvelles Frontières.

Parmi les 60% du trafic d’Air France représentés par la clientèle touristique, seuls 8% relèvent du voyage à forfait, le principal client étant le Club Med.

Comme la plupart des compagnies régulières hors low-cost, Air France, dont plus de 70% des billets sont vendus en agence, vise davantage une clientèle d’affaires, « passagers à haute contribution ».

Par ailleurs, sur les trajets en France, le transport aérien est sérieusement concurrencé par le TGV.

En 2003, les trajets domestiques réalisés en avion ont été inférieurs de 15% à ceux de 2000. Mais, note le Syndicat national des agents de voyages, « un million de forfaits ont été annulés cette année du fait des grèves ».

Les compagnies à « bas coût » ne sont pas très présentes en France dans le marché du tourisme à forfait, contrairement à ce qui se se passe en Grande-Bretagne ou en Allemagne. *

Voir en ligne : AFP

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