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La SNCF renonce à toute augmentation salariale en 2003, compte tenu de son déficit

mercredi 24 décembre 2003.

Les organisations syndicales craignent que cette « année blanche » en matière de rémunérations préfigure une « année noire » sociale. Une journée de grève pourrait avoir lieu le 21 janvier.
« Une année blanche. Du jamais vu depuis dix ans ! » Tel est le constat amer des organisations syndicales à l’issue de la table ronde qui a réuni, lundi 22 décembre, les partenaires sociaux et la direction de la SNCF sur la politique salariale. La direction a précisé aux organisations qu’elle n’était pas en mesure, cette année, de revaloriser les salaires, compte tenu de pertes attendues. Elle a proposé une nouvelle réunion, mais au titre de l’année 2004, dans le cours de la première quinzaine de janvier. Cette décision intervient alors que les cheminots prévoient un mouvement de mobilisation d’ampleur en janvier, peut être le 21, après une rencontre de l’ensemble des fédérations cheminotes.

La direction a présenté, lundi, aux organisations syndicales, la situation économique générale, ainsi qu’un bilan provisoire du plan d’économie « starter » mis en place après les grèves de juin. Ce plan, qui prévoit notamment de réaliser 100 millions d’euros d’économies dès cette année, doit permettre à l’entreprise un retour à l’équilibre en 2004 et aux bénéfices en 2005. Pour justifier sa décision sur le statu quo en matière de politique salariale, la SNCF précise qu’en dépit des économies réalisées, les résultats de l’entreprise « seront nettement en deçà du déficit courant de 144 millions d’euros initialement prévu au budget 2003, ce qui ne permet pas d’envisager une augmentation salariale ».

Pour l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA  ), à l’origine de la tenue de cette table ronde - qui est le résultat de la première application du protocole d’accord sur la prévention des conflits et l’amélioration du dialogue social - le refus de l’entreprise de négocier sur les salaires est un échec. Déplorant que l’entreprise campe « dans sa posture habituelle », l’UNSA   estime que la direction ne veut pas « faire vivre l’accord d’amélioration du dialogue social et de prévention des conflits qu’elle a pourtant signé ».

Didier Le Reste, secrétaire général de la fédération CGT  -cheminots, estime, pour sa part, que le « contenu de cette rencontre est inacceptable et irrecevable ». « Cela nous conforte dans l’idée qu’il faut que les cheminots haussent le ton et qu’ils continuent leur mobilisation unitaire afin de s’engager dans une grande action courant janvier 2004, à la fois sur les salaires, le fret et le service public », poursuit M. Le Reste, qui ajoute que c’est « la première fois que le salaire d’embauche à la SNCF passe sous la barre du SMIC - inférieur de 2,16 % -. C’est une situation salariale plus que détériorée. Le minimum de pension retraite est déjà, depuis pas mal de temps, inférieur de 16 % par rapport au SMIC, alors qu’il était supérieur de 8,2 % en 1981. »

Le son de cloche est identique pour les autres organisations syndicales : « Nous ne sommes pas surpris par cette décision mais fortement déçus. C’est historique, depuis 1994 il n’y a pas eu d’année blanche. Il ne nous faudra peut-être pas attendre le 21 janvier pour déclencher un mouvement social pouvant aller jusqu’à la grève », a indiqué Eric Falempin, secrétaire général de FO-cheminots, cité par l’AFP.

A la Fgaaac (autonomes) le secrétaire général adjoint, Jean-Paul Bersillon, a le sens de la formule : « Nous sommes totalement déçus. En faisant le choix d’une année blanche 2003, la SNCF fait le choix d’une année noire 2004, d’un affrontement avec les cheminots. C’est le plus mauvais exemple de dialogue social, alors qu’on nous en parle à longueur d’année. » Une même inspiration a guidé la fédération SUD-Rail dans la rédaction de son communiqué, qui pronostique qu’une « une année blanche pour les salaires pourrait annoncer une année noire pour le dialogue » à la SNCF.

Enfin, pour la CFDT  , « il ne s’agit pas de jeter l’éponge après cette décision, mais d’envisager avec les autres syndicats une action, pourquoi pas le 21 janvier, même si ce n’est pas forcément sous la forme d’une grève », ainsi qu’a déclaré à l’AFP son secrétaire, Alain Bourezg.

Voir en ligne : Le Monde

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