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En 2003, le ciel français, victime d’une hécatombe, accouche d’un géant

mardi 16 décembre 2003.

Quatre faillites retentissantes, Air Lib, Aéris, Air Littoral et Euralair, ont frappé le ciel français cette année, qui a également scellé la naissance du plus grand transporteur européen, Air France-KLM, fruit du rachat à venir de la compagnie néerlandaise par sa rivale française.
Liquidée le 17 février, Air Lib, deuxième compagnie aérienne française, a ouvert le bal funèbre des défaillances d’entreprises. Lui ont succédé Aéris, dont la liquidation judiciaire a été prononcée le 7 novembre, Air Littoral, en redressement depuis le 21 août et Euralair en cessation de paiement depuis le 3 novembre.

Cette recomposition du ciel français, pour partie liée aux attaques terroristes du 11 septembre 2001, a été alimentée par deux nouvelles crises en 2003 : l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et la guerre en Irak. Elle s’est également nourrie du ralentissement économique mondial.

Le trafic passager en France a reculé de 1,4% au cours des neuf premiers mois de 2003, rappelle la Direction des transport aériens (DTA), dans une note. Sur l’ensemble de l’année, le trafic devrait connaître « une légère contraction », malgré une stabilisation au troisième trimestre.

Les difficultés rencontrées par les compagnies secondaires ou régionales ne sont pas uniquement conjoncturelles, nuance Didier Bréchemier, spécialiste transports de la société de conseil Syntegra.

Il s’agit de « compagnies qui procédaient elles-mêmes de faillites ou de situation financières relativement difficiles », rappelle-t-il. Leur positionnement, souvent orienté vers la desserte du sud de la France, a également été fragilisé par la montée en puissance du TGV Med inauguré le 7 juin 2001, souligne-t-il.

Si elle a en premier lieu affecté les compagnies secondaires et régionales, la succession de crises survenues en 2003 a également contribué à la décision d’Air France —en voie de privatisation— de prendre le contrôle de sa concurrente néerlandaise.

Le 30 septembre, la compagnie nationale —qui a fêté ses 70 ans en 2003— et KLM ont annoncé les termes d’un accord prévoyant une offre publique d’échange amicale de la première sur la seconde au printemps 2004.

Cette initiative, la première à donner une forme capitalistique au vaste mouvement de consolidation en cours dans le secteur à l’échelle européenne, illustre « un enjeu pour demain », estime M. Bréchemier.

Elle interroge « la capacité du ciel européen à se structurer », notamment autour des trois pôles formés par les grandes alliances Star Alliance (Lufthansa), Skyteam (Air France), One World (British Airways), relève-t-il.

La faillite d’Air Lib a également encouragé la création de nouvelles compagnies aériennes sur les lignes long-courriers entre la métropole et l’Outre-Mer, remarque M. Bréchemier.

« On a vu apparaître Air Austral, Air Bourbon, on va voir apparaître Air Caraïbes (le 12 décembre, ndlr) et on a vu se renforcer Corsair », détaille-t-il.

Cette consolidation est encouragée par le gouvernement qui a prévu, dans le cadre de la loi pour l’Outre-mer —effective au début 2004—, un système de subventions pour le transport des résidents ultramarins.

Enfin, 2003 a marqué un surcroît de pénétration des compagnies à bas coûts sur le marché français. Selon la DTA, si l’on se base sur la tendance observée au cours des six premiers mois de l’année, la britannique Easyjet est en passe d’arracher à British Airways, le rang de deuxième opérateur aérien français, derrière Air France.

Sud Aérien : Le 11 septembre a bon dos et n’explique pas seul ce désastre. Les gestions plus que douteuses doivent aussi être évoquées. Enfin, il y eu la liquidation judiciaire d’Altitude Plus/L. Air prononcée le 26 décembre 2002 à une autre société du groupe, Aéroplus, pour cause de « fictivité ». But de l’opération : le passif qu’Altitude Plus/L. Air s’était « mis sur le dos », d’un montant de 4 299 000 euros (28 199 591,43 francs) pouvait être comblé - pour partie - par les biens que détenait toujours Aéroplus, la société qui avait repris officiellement l’ex-société Aérolyon, la filiale de Nouvelles Frontières tombée en déconfiture.
De grandes similitudes entre l’affaire L.Air et Air Lib, même si l’extension de la liquidation d’Air Lib à Holco vient d’être refusé par le TC de Creteil cette semaine.
Et l’affaire Air Littoral ne fait que commencer... dommage qu’elle soit déjà fini pour 251 salarié-e-s licenciés

Voir en ligne : AFP

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