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Aeris : un ultime et malheureux projet de reprise

lundi 15 décembre 2003.

Le sort d’Aeris a été définitivement scellé lundi après-midi, le projet de reprise déposé ce week-end par des membres du personnel et un homme d’affaires belge n’ayant pas été retenu et les créneaux de la compagnie aérienne toulousaine ayant été redistribués.
Dimanche soir, une demi-douzaine de salariés d’Aeris, associés à l’industriel belge Gérard Delruelle, avaient déposé une offre de dernière minute auprès des mandataires-liquidateurs, avait indiqué lundi matin Henri Guevenoux, secrétaire adjoint du comité d’entreprise, confirmant une information parue dans le quotidien Les Echos.

Toutefois, a révélé dans l’après-midi l’Association pour la coordination des horaires (Cohor) sur son site internet, « cette offre n’a pas été entérinée dans les délais impartis par le tribunal de commerce de Toulouse, et elle émane d’une compagnie à constituer, et qui ne détient pas encore de licence d’exploitation ».

Dans la foulée, le Cohor a annoncé qu’il avait d’ores et déjà redistribué les créneaux d’atterrissage et de décollage annuels de la compagnie en liquidation judiciaire sur l’aéroport parisien d’Orly.

« Je ne peux faire de transfert de créneaux que d’un tranporteur aérien à un autre », a indiqué à l’AFP Eric Herbane, coordinateur du Cohor. « Il aurait fallu que l’offre de reprise émane d’une compagnie déjà exploitante pour pouvoir faire le tranfert de ces créneaux », a-t-il précisé.

L’offre présentée dimanche envisageait de se limiter, au cours des 4 premiers mois, à trois liaisons (Toulouse-Orly, Toulouse-Charleroi et Orly-Nice) en exploitant trois appareils, des B737-300. Il était prévu, selon M. Guevenoux, que le nombre de salariés, une cinquantaine dans un premier temps, augmenterait ensuite avec le lancement de nouvelles lignes, avant qu’Aeris n’étende son réseau à l’Espagne et à l’Italie.

La grille tarifaire aurait comporté un tarif de base assorti d’un « tarif plafond » supérieur de 20% au prix de base et d’un « tarif plancher » inférieur de 20% à ce même prix de base.

D’après le pilote et délégué du personnel (SNPNAC), le projet comprenait également un plan de relance d’un coût de 18 millions d’euros.

Apprenant le rejet de son offre lundi vers 16H00, M. Guevenoux a déclaré, déçu : « On aura tout fait jusqu’à la dernière minute... »

Dès la mi-journée, les mandataires judiciaires, Mes Olivier Benoit et Liliane Vinceneux, qui avaient jusqu’à dimanche pour recevoir des candidatures, s’étaient pourtant montrés « perplexes » quant au succès de cette opération de la dernière chance. Ils pointaient du doigt « l’absence de garantie de financement et l’appel d’offres du Cohor, dont le délai expire ce soir ».

Ce projet est la deuxième offre de RES (rachat d’entreprise par les salariés) recalée par les autorités. Le 7 novembre, le tribunal de commerce avait rejeté, faute de moyens financiers, le dossier de RES associé à la compagnie Mond’Airlines, qui comptait sauver 200 emplois.

Lundi soir, les 310 salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) de l’entreprise avaient un goût amer dans la bouche. « C’est vraiment malheureux de faire ça en catimini », déplorait Frédéric Ducros, délégué du personnel. « Encore une fois, le gouvernement avait déjà distribué les slots par derrière, sans attendre que soit finalisée l’offre de reprise des salariés. Des gens se sont battus jusqu’à la dernière minute et voilà comment on les remercie. »

Les créneaux d’Orly redistribués par le Cohor
Les créneaux d’atterrissage et de décollage annuels de la compagnie toulousaine Aeris, en liquidation judiciaire, sur l’aéroport parisien d’Orly, ont été redistribués, a annoncé lundi l’Association pour la coordination des horaires (Cohor).
Un projet de reprise de dernière minute a bien été déposé dimanche auprès du mandataire-liquidateur, indique le Cohor, dans un communiqué publié sur son site internet.

« Toutefois, cette offre n’a pas été acceptée par le tribunal de commerce dans les délais impartis et a été faite par une compagnie qui doit encore être constituée et qui ne détient pas encore de licence d’exploitation », précise le Cohor.

Le Cohor a ainsi décidé de redistribuer les créneaux d’Aeris à Orly, précise-t-il.

Voir en ligne : AFP

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