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L’Inde met ses cerveaux au service de l’industrie occidentale

lundi 8 décembre 2003.

Tandis que la Chine s’affirme toujours comme « l’usine du monde », l’Inde connaît un développement économique construit non sur ses seules ressources naturelles ou sur sa main-d’œuvre bon marché, mais sur ses cerveaux : 260 000 ingénieurs de haut niveau sont formés chaque année dans ce pays. La délocalisation de matière grise pourrait bien avoir, à terme, tout autant de conséquences pour l’emploi en Occident.

Le cabinet d’études Gartner estime que l’Inde capte 55 % des 19,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires délocalisés dans « les activités de services, dans les technologies de l’information et les processus de traitement informatique des entreprises ».
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Au Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale, les annonces de délocalisation se multiplient. Selon les syndicats, au cours des dix-huit derniers mois, 10 000 emplois ont ainsi été perdus au Royaume-Uni, et 200 000 emplois seraient menacés.

Aux Etats-Unis, il y aurait aujourd’hui moins d’ingénieurs dans la Silicon Valley (120 000) qu’à Bangalore, en Inde (150 000). Les entreprises se justifient en expliquant que leurs centres de recherche délocalisés leur permettent de développer plus vite de nouveaux produits de meilleure qualité.

En France, « les sociétés de services et d’ingénierie en informatique -SSII-connaîtront un scénario de délocalisation comparable à celui des entreprises textiles », affirme Paul Hermelin, président de Cap Gemini Ernst & Young, qui compte 600 employés en Inde (sur un effectif total de 52 600 personnes). « La délocalisation est une question de survie dans un contexte de baisse d’activité et de pression sur les prix », renchérit Jean-Yves Hardy, PDG de Valtech.

Les SSII Françaises préfèrent délocaliser en Roumanie, au Maroc, en Espagne ou... en province

Pour l’heure, selon l’organisation patronale française Syntec-Informatique, la délocalisation ne représente qu’environ 1,5 % du chiffre d’affaires de la profession, dont moins de la moitié concerne l’Inde. « Le point fort des Etats-Unis, c’est le développement de logiciels. Là, de l’écriture aux tests jusqu’à la maintenance, tout le processus peut être assez facilement délocalisé, observe Pierre Dellis, délégué général. Mais dans le domaine du conseil et des services, où la France est mieux placée, les possibilités de délocalisation sont plus limitées, car la proximité avec le client est nécessaire. »

Transiciel, Teamog et GFI Informatique, au lieu de partir en Inde - où les coûts sont certes réduits de 40 %, mais avec des problèmes de décalage horaire, de traduction et de différences culturelles -, choisissent la Roumanie, le Maroc, l’Espagne ou... la province. A Nantes, Toulouse ou Clermont-Ferrand, l’immobilier est moins cher, les salaires moins élevés et les employés plus fidèles : le gain par rapport à Paris peut atteindre 20 %.

Voir en ligne : Le Monde

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