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Air France revoit sa procédure en cas de clandestin sous un avion

vendredi 5 décembre 2003.

La direction d’Air France conseille désormais à ses pilotes de baisser d’altitude puis de se poser, en cas de présomption de présence d’un clandestin dans le logement du train d’atterrissage de leur avion, selon une note interne dont l’AFP a eu copie jeudi.

Cette consigne à appliquer « strictement » a été prise alors que le 9 octobre, prévenu de la probable présence d’un clandestin dans le train d’atterrissage de son Airbus A330, une heure vingt après avoir décollé de Brazzaville (Congo), un pilote d’Air France avait continué à voler plus de six heures pour atterrir à Roissy, où l’Africain a été retrouvé mort.

Cela avait déclenché une vive polémique, plusieurs associations de défense des droits de l’Homme estimant que la décision de ne pas interrompre le vol avait accru le risque de mort pour cet homme.

Deux enquêtes sur ces faits remontant au 10 octobre ont immédiatement été ouvertes : une confiée à la gendarmerie des transports aériens et une interne à Air France, comme il est d’usage en cas d’incident grave.

Interrogé par l’AFP, le commandant de bord du vol AF897 s’est refusé à tout commentaire.

Le pilote qui a informé l’AFP s’est déclaré « choqué » que l’avion ne se soit posé qu’au terme prévu de son vol. « Si cela m’arrivais, je tenterais d’atterrir en me disant que rien n’est moins sûr qu’il soit mort », a-t-il expliqué.

Selon lui, il aurait « fallu retomber rapidement à une altitude respirable et atterrir », dans l’espoir de sauver le clandestin.

Dans la plupart des cas, les passagers cachés dans le train d’atterrissage d’un vol long courrier meurent de froid ou d’asphyxie. Leur corps tombe souvent à l’approche des aéroports, à l’ouverture du train.

Néanmoins, dans de rares cas, des cas de survie sont constatés. En décembre 2002, un Cubain d’une vingtaine d’années a bravé le froid dans le train d’atterrisage d’un DC-10 de la compagnie cubaine qui assurait la liaison La Havane-Montréal, où il est arrivé vivant bien qu’en hypothermie.

Les températures descendent à -50°C entre 9.000 et 10.000 mètres, altitude à laquelle volent les avions de ligne. Les logements de train d’atterrissage ne sont ni chauffés, ni pressurisés.

Selon un troisième pilote d’Air France qui a aussi tenu à rester anonyme, « le commandant de bord a dû juger l’information trop frêle pour se poser. Et puis l’Afrique, ce n’est pas comme la France, il faut pouvoir se poser en pleine nuit, se ravitailler en carburant, avoir la bonne météo ».

Un porte-parole d’Air France a confirmé à l’AFP l’existence de cette note « strictement interne, destinée aux agents qui travaillent au centre de contrôle opérationnel » de la compagnie, qui sont en lien avec les pilotes, « qui restent les seuls décisionnaires au cours d’un vol ».

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