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« Procession funèbre » des salariés licenciés d’Air Littoral

samedi 6 décembre 2003.

Derrière un cercueil noir, ceint des couleurs de leur compagnie aérienne, les salariés licenciés d’Air Littoral ont organisé, hier matin, dans un climat très lourd, une « procession funèbre » entre le siège de la société et l’aéroport de Montpellier.

Après avoir lu un extrait du livre des apôtres de la bible, intitulé tempête et naufrage, sous les fenêtres de la direction, quelque 200 personnes, pilotes, stewards et hôtesses, tous en uniforme, ont défilé silencieusement, certains ne pouvant s’empêcher de retenir des larmes.
« Nous nous recueillons sur la mort de l’âme de la compagnie », a déclaré Franck Souvigner, secrétaire adjoint du comité d’entreprise, et délégué du Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL  ), qui dénonce un plan social au rabais. « Ces gars-là ont travaillé une vingtaine d’années pour la boîte qui les vire avec même pas le minimum. C’est l’Etat qui finance le plan social », clame-t-il.

Plombée par ses dettes publiques, l’entreprise, placée en redressement en août dernier, va se séparer de 300 salariés sur un millier, pour l’essentiel des pilotes, dans le cadre du plan social visant à réduire sa flotte de 32 à 17 appareils, par souci d’homogénéisation.

Commandant de bord renvoyé après plus de quinze ans de service, Michel Lesieur met en cause la gestion précédente : « Ca sent la magouille. La compagnie marchait très bien. Après le dépôt de bilan, il n’y a eu aucun vol annulé. On gagnait même quelques minutes sur les derniers vols. » A ses côtés, un jeune pilote d’à peine trente ans, également remercié, vient tout juste d’achever une formation ultra-spécialisée qui lui aura coûté 150 000 € et qu’il commence à rembourser avec des indemnités mensuelles d’environ 800 euros. Au grand dam de la direction qui déplore « la mauvaise image donnée par cette manifestation », des salariés épargnés par le plan social se sont également joints auconvoi. « Obligés de garder espoir », les employés rescapés vont tourner les yeux, lundi, vers le tribunal de commerce de Montpellier, où le fonds Seven group, le repreneur désigné en novembre, s’est vu offrir une dernière chance de prouver sa capacité à respecter ses engagements financiers.

Voir en ligne : Midi libre

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