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Aeris : l’arrivée des lettres de licenciements, un triste sentiment de déjà-vu

vendredi 28 novembre 2003.

La lettre de licenciement est arrivée jeudi chez Dominique Despaux, commerciale chez Aeris, elle n’arrivera que dans dix jours chez les « salariés protégés » tel Frédéric Ducros, chef de cabine, délégué syndical (SNPNC  ) et du personnel.
Pour beaucoup, « il y a un triste sentiment de déjà-vu », déclare Frédéric Ducros, qui depuis 1991 a survécu à trois dépôts de bilan d’Air Toulouse, devenue Aeris en 1999.

Pour Dominique Despaux, « l’histoire d’amour avec le transport aérien » avait mal commencé, par un licenciement après 9 mois de travail, lors de la liquidation de Dan Air en 1992. Toujours à Toulouse elle devait connaître l’ancienne Air Liberté, de Lotfi Belhassine, la fusion avec TAT sous capitaux britannique, un premier dépôt de bilan et un départ « plus ou moins volontaire », en 1998, pour une incursion dans le monde des agences de voyages.

« Les dirigeants d’Aeris sont venus me chercher en février 2003 pour être responsable des ventes, j’avais le virus, j’ai signé début avril, au moment même où ils obtenaient les créneaux abandonnés par la faillite d’Air Lib pour faire du transport régulier », raconte-t-elle.

Tant de répétition dans les malheurs des petites compagnies suscite des remarques désabusées. « Pendant des années, Air France n’a pas voulu qu’Air Lib ou Air Toulouse empiètent sur ses platebandes, maintenant elle doit partager avec les étrangers comme Easy Jet », remarque M. Ducros. Pour Nathalie Valdiguié, chef de cabine comme Frédéric, « on va vers la disparition des petites compagnies, elles n’ont aucun soutien, c’est pourtant dommage de laisser la place aux Britanniques ».

Tous trois récusent pourtant la fatalité de l’échec. « Ce n’est pas la faute des salaires, nous étions payés 25 ou 30% moins cher que ceux d’Air Lib », assure Frédéric Ducros. « Le PDG Charles-Henri Rossignol voulait m’embaucher au SMIC, quitte à envisager des commissions », renchérit Mme Despaux.

Les reproches se concentrent sur l’ancien patron. « Il a changé de stratégie, a été trop gourmand avec les lignes régulières, sans financement supplémentaire, alors qu’il aurait fallu 10 millions d’euros de lancement pour 6 lignes et 5 millions d’euros pour absorber les pertes de la première année », lance le délégué.

« Il voulait des gens expérimentés mais il n’a jamais tenu compte de nos observations, il a voulu son propre site internet, a ouvert les lignes en juin, au plus mauvais moment », ajoute Dominique Despaux.

L’angoisse de l’avenir demeure après le coup de colère. « Nous aurons des indemnités minables », indique Nathalie Valdiguié. « J’aurai 14.000 euros pour 12 ans d’ancienneté, les pilotes seront plafonnés à 58.000 », précise M. Ducros.

« Plus on aura d’indemnités, plus le délai de carence sera long pour toucher les ASSEDIC, jusqu’à 5 mois. Merci aux nouvelles règles », ajoutent en chœur les deux chefs de cabine. « Je ne pourrai donc même pas mettre cet argent de côté pour monter quelque chose », déplore Nathalie.

Les perspectives de reclassement ne sont pas roses. « 300 salariés d’Aeris après ceux d’Air Lib, d’Air Littoral et des sous-traitants sur un marché pas porteur, c’est impossible : 60% des navigants commerciaux vont changer de métier », estime Frédéric Ducros. « Faudra-t-il aller jusqu’à Milan ou se reconvertir ? » demande Mme Valdiguié.

Mme Despaux est prête à poursuivre son « histoire de cœur avec l’aérien » mais se veut méfiante : « j’ai des contacts, mais maintenant je pose beaucoup de questions. »

Voir en ligne : AFP

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