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Les vols d’Air Littoral suspendus à onze millions d’euros

vendredi 28 novembre 2003.

Son tout récent repreneur, l’italien 7 Group, n’a pas versé l’argent promis au tribunal de commerce.

A quel prix la justice et l’Etat ont-ils autorisé la cession de la compagnie aérienne régionale Air Littoral au fonds d’investissement italien 7 Group ? Avec moins de trois semaines d’existence, la nouvelle compagnie Azzurra-Air Littoral pourrait bien se retrouver d’ici à lundi matin devant le tribunal de commerce de Montpellier, avec, à la clé, une suspension de sa licence d’exploitation, et donc de ses vols.

Evoqué jeudi après-midi par les administrateurs judiciaires, en réunion du comité d’entreprise (CE), le scénario a été confirmé hier par Dominique Bussereau, le secrétaire d’Etat aux Transports. Le rêve d’une « compagnie aérienne régionale de dimension internationale », vendu par 7 Group aux 1 000 salariés d’Air Littoral est en train de virer au cauchemar. « Comme pour Air Lib... », glissent des élus du comité d’entreprise.

Pour entériner la cession d’Air Littoral, l’administration et la justice se sont livrées à quelques contorsions. Dans son jugement du 5 novembre, le tribunal de commerce de Montpellier posait notamment comme condition suspensive, « l’apport immédiat en capital ou en compte bloqué durant cinq ans de la somme de 11 millions d’euros ». Il s’appuyait sur le feu vert donné quelques jours plus tôt par le Conseil supérieur de l’aviation marchande, l’organisme qui formule des avis pour accorder ou non des licences d’exploitation.

Le 15 novembre au soir, les 11 millions d’euros n’étaient toujours pas dans les caisses d’Azzurra-Air Littoral. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC  ) délivrait malgré tout une licence d’exploitation. Le tribunal de commerce ne bronchait pas. Grand communicateur qui a su s’attirer les applaudissements des élus du CE lors de la présentation de son plan, Mario Palmonella, le patron de 7 Group, s’est engagé à produire six millions d’euros d’ici le 20 novembre, et le reliquat dans les semaines qui viennent.

Hier soir, les six millions d’euros n’étaient toujours pas là. Et ils n’arriveront probablement pas. L’action de 7 Group à la Bourse de Londres est suspendue depuis le 29 septembre. Dans son projet d’avis présenté le 29 octobre, le rapporteur du Conseil supérieur de l’aviation marchande soulignait lui-même que « l’actionnariat de 7 Group n’est pas connu ». Plus inquiétant, depuis quelques jours, Mario Palmonella est aux abonnés absents, et Dominic Attard, directeur général d’Azzurra et administrateur d’Azzurra-Air Littoral, « est hospitalisé à Malte pour une syncope ».

Les largesses concédées à 7 Group ne se limitent pas aux délais successifs pour apporter les 11 millions d’euros. Censée être affectée aux fonds propres de la nouvelle compagnie pour assurer sa pérennité, cette somme correspond en réalité aux besoins à court terme en trésorerie d’Azzurra-Air Littoral, laquelle doit notamment faire face, d’ici à la fin du mois, au paiement des salaires. La justice consulaire a fermé les yeux sur ce détail. « Nous n’aurions jamais dû délivrer la licence d’exploitation. Mais il y avait des centaines d’emplois en jeu », explique-t-on, en coulisses, à la DGAC  . La cession d’Air Littoral à 7 Group a déjà amputé la compagnie d’un tiers de ses effectifs.

Lire aussi Le mystérieux « 7 Group » persiste malgré les interrogations (Courrier International)

Voir en ligne : Libération

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