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Salaires des fonctionnaires : 0% en 2003

jeudi 27 novembre 2003.

L’année 2003 sera une « année blanche ». Au terme de sa rencontre avec les sept fédérations syndicales de fonctionnaires (CGT  , CFDT  , FO, UNSA  , FSU  , CGC et CFTC), Jean-Paul Delevoye a opposé jeudi une fin de non-recevoir à leur demande de revalorisation salariale pour 2003, se contentant d’accorder un maigre coup de pouce de 0,5% pour 2004 et de renvoyer les négociations à 2005. Ulcérés, mais pas surpris, les syndicats préparent la riposte.

Arguant que leur traitement n’a pas augmenté depuis janvier 2000, les syndicats de la fonction publique réclamaient un rattrapage de 3,7% au titre de l’année 2003. Le gouvernement estime pour sa part que la masse salariale augmente de 4% chaque année du fait notamment de l’ancienneté.

« Sur l’année 2003, la nécessité de la maîtrise des dépenses publiques nous a amenés à prendre une décision de ne pas revaloriser la valeur du point », a justifié le ministre de la Fonction publique. « La demande de rattrapage formulée par les organisations syndicales pèse 6,6 milliards d’euros : impossible ». « Cette décision est difficile, douloureusement perçue par nos partenaires sociaux, mais nécessaire pour redresser les finances de la France ».

Pour calmer le jeu, Jean-Paul Delevoye a annoncé que la valeur du point, qui sert de base au calcul du traitement des fonctionnaires, serait rehaussée de 0,5% en 2004. Ce qui ne devrait pas suffire à assurer le maintien du pouvoir d’achat. Enfin, il a annoncé qu’il installerait en janvier une « conférence de méthode » pour réviser les règles de négociation dans la fonction publique.

Résultat : les prochaines négociations salariales ne devraient pas intervenir avant janvier 2005. Elles deviendraient alors obligatoires chaque année.

Pour les syndicats, le compte n’y est pas. Dénonçant une « provocation » et une « paupérisation », ils ont convenu de se retrouver à une date encore non fixée pour déterminer quelle réponse apporter au refus du gouvernement. « Les fonctionnaires sont réduits à une variable d’ajustement », a fustigé le secrétaire général de la FSU   Gérard Aschiéri, « le dialogue social est en train de se réduire à une peau de chagrin, (...) à une pantalonnade ».

« On est en colère, on va s’interroger, on va se consulter », a prévenu Marie-Claude Kervella (CFDT  ). « Pour les plus bas salaires en particulier, ils sont nombreux dans la fonction publique, on va assister vraiment à une paupérisation », a-t-elle craint. « Le conflit est ouvert », a lancé Bernard Lhubert (CGT  ), « c’est de la vraie provocation ». « Devant une situation comme celle-là, il est impensable que les organisations syndicales n’engagent pas une réaction qui soit au niveau de l’attaque dont sont l’objet les fonctionnaires », a souligné Hervé Baro (UNSA  ).

L’invitation du ministre à négocier d’ici 2005 pour remettre les règles de négociation sur le métier a également été accueillie avec fraîcheur et scepticisme. « Nous nous interrogeons même pour savoir si les propositions qui nous sont faites d’entrer dans une discussion sont des propositions que nous pourrons accepter », a estimé Hervé Baro (UNSA  ). « Il essaie de changer les règles du jeu en cours de match », s’est insurgé Gérard Nogue (FO).

Pour les représentants des fonctionnaires, le gouvernement joue la montre en repoussant les négociations à 2005 pour tenter d’ici là de poser les jalons d’un salaire au mérite. « Il veut individualiser les rémunérations des fonctionnaires et les rendre flexibles en fonction des soi-disant objectifs, résultats, performances obtenus par le service public », a craint Gérard Nogue (FO).

« Ceux qui fuiront leurs responsabilités subiront un avenir écrit par les autres », a d’ores et déjà prévenu Jean-Paul Delevoye.

Voir en ligne : AFP

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