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Les syndicats européens cherchent une voie aux côtés des altermondialistes

jeudi 13 novembre 2003.

Réunis mardi 11 et mercredi 12 novembre à Paris, à l’initiative de la CES et des confédérations françaises, les responsables ont tous plaidé pour la construction d’une Europe plus sociale. Mais des divergences demeurent, notamment sur les conséquences de l’élargissement de l’Union.
La première des deux journées du Forum syndical européen a permis aux confédérations françaises de parler à l’unisson. Ou presque. Invitées à débattre de l’Europe sociale et de son élargissement, mardi 11 novembre, à l’Hôtel de Ville de Paris, elles ont relativisé leurs différences. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT  , et son homologue de la CGT  , Bernard Thibault, sont intervenus devant un parterre de représentants de la Confédération européenne des syndicats (CES) acquis à la nécessité de défendre la démocratie sociale, condition sine qua nonpour la construction de l’Union.

Avec l’adhésion de dix nouveaux pays, 2004 marquera un « tournant historique », a souligné John Monks, le secrétaire général de la CES. Les responsables syndicaux ont donc plaidé pour que le projet de Constitution européenne intègre davantage de préoccupations sociales. « L’élargissement est un véritable défi, a expliqué M. Monks en concluant la journée. L’Union européenne a bien sûr des défauts, mais c’est un véhicule de solidarité entre riches et pauvres. » Le numéro un de la CES, élu au congrès de Prague en mai 2003, a plaidé en faveur de l’Europe et annoncé une campagne qui permettra à la CES d’être active dans le débat sur le projet de Constitution. «  »L’Europe c’est nous« sera notre slogan », a-t-il précisé.

Présent à ses côtés à la tribune, Bertrand Delanoë a lui aussi prôné une Europe sociale forte. Hôte de cette manifestation et du Forum social européen, qui s’est ouvert mercredi, le maire de Paris a affirmé ses convictions de « citoyen engagé ». « La mondialisation économique nous pose bien des problèmes, a-t-il déclaré, mais j’appartiens à une famille politique où l’internationalisme n’est pas un gros mot. » M. Delanoë a longuement insisté sur le rôle important du mouvement syndical « pour que la mondialisation porte d’autres valeurs, des valeurs de liberté et de justice ».

Moins consensuels que les personnalités présentes à la tribune, des militants se sont interrogés sur les désaccords entre les syndicats français, notamment sur la réforme des retraites. « Comment pourra-t-on dépasser ces divergences pour construire un outil à même de battre les tenants de la construction d’une Europe libérale ? », a demandé un adhérent de l’UNSA  . Tandis qu’un responsable de la CGT   de l’Essonne regrettait que la CES soit « incapable d’organiser une manifestation à caractère européen pour défendre les systèmes de retraite ». Jacques Voisin, secrétaire général de la CFTC a alors plaidé pour le « pluralisme syndical », qui est « plutôt une richesse », et souhaité « un effort de coopération entre syndicats ».

« LE RÈGNE DU MARCHÉ »

Un militant du Groupe des dix-Solidaires   a regretté que le lien entre forum syndical et FSE soit distendu : « Entre cette salle, la CES et les mouvements sociaux, nous avons une force immense et l’on n’arrive pas à la rassembler contre les attaques libérales. » Un responsable de SUD-aérien a critiqué, sur le fond, l’orientation de la CES. « On ne peut pas dire que l’élargissement de l’Europe soit une chance si on ne voit pas le but dans lequel il se fait, qui n’est pas la solidarité mais le règne du marché », a-t-il expliqué.

Satisfait du rapprochement entre les altermondialistes et les syndicalistes, Emilio Gabaglio, ex-secrétaire général de la CES, refuse néanmoins toute convergence avec ceux qui considèrent « l’intégration européenne comme une forme de néolibéralisme ». « L’Europe doit être un espace de lutte pour faire bouger les choses, a-t-il confié au Monde ; ce n’est pas l’Europe sociale que nous voulons, mais c’est une étape. »

L’objectif de la CES, qui était de renforcer les liens entre syndicalistes européens et altermondialistes, n’a été que partiellement atteint. M. Chérèque a réitéré ses reproches : « Le mouvement altermondialiste multiplie les rendez-vous, mondiaux et européens. La diversité de ses expressions, la multiplicité de ses visages ne facilitent pas toujours la compréhension des enjeux et l’élaboration de propositions concrètes. » Une critique qu’il a précisée en confiant au Monde que « l’extrême gauche était au cœur des problèmes de l’altermondialisme en France, mais pas au niveau international ». Relativisant les divergences entre les deux mouvements, M. Chérèque a affirmé qu’il existait une « convergence », notamment avec les ONG sur l’environnement ou sur les droits de l’homme.

Intervenant immédiatement après, Maria-Héléna André, secrétaire générale adjointe de la CES, a tenu à affirmer les liens entre ce forum syndical, coorganisé par sa confédération, et le FSE. « Nous devons discuter avec d’autres organisations qui ont les mêmes valeurs, aller au-delà du débat entre syndicats, il faut que ces derniers puissent participer pleinement aux activités du FSE », a-t-elle déclaré. De quoi apaiser la CGT  , engagée dans les deux forums. Pour son secrétaire général, Bernard Thibault, « le mouvement syndical aurait tort de croire qu’il a l’exclusivité de ces problèmes, notamment en France, du fait de ses limites ». « Sur des objectifs revendicatifs, il est apparu que le mouvement associatif est une forme plus précise, plus pertinente, plus permanente ; c’est vrai sur l’égalité hommes-femmes, où un certain nombre de combats ont été plutôt à l’avantage du mouvement féministe », a expliqué au Monde M. Thibault.

Voir en ligne : Le Monde

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