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Les salariés d’Aeris sous le choc

dimanche 9 novembre 2003.

La liquidation de la compagnie toulousaine Aeris ne laisse quasiment aucun espoir à ses 482 salariés. Ce nouvel exemple de disparition dans le secteur aérien montre qu’en France les petits transporteurs régionaux ont du mal à survivre.

C’EST sur une simple feuille de papier scotchée sur le comptoir d’Aeris à l’aéroport Toulouse-Blagnac que les voyageurs ont appris hier matin la nouvelle de la liquidation de la compagnie toulousaine survenue vendredi soir. Mais la disparition brutale d’Aeris a surtout laissé les 482 salariés de la low-cost toulousaine dans la détresse. « Depuis deux jours nous avons vraiment le sentiment d’avoir été abandonnés », explique Henri Guévenou, pilote chez Aeris et délégué SNPAC. « C’est une vraie douche froide car les gens espéraient toujours que le miracle se produirait. Il y aura de la casse sociale, car chez Aéris beaucoup ont des métiers spécifiques à l’aéronautique. Ça va être difficile de se recaser », pronostique encore Henri Guévenou. Même discours chez Laurent Gallo, steward et délégué CFDT  . « Si le tribunal nous a donné un mois, c’est pour finaliser les licenciements et les plans sociaux. Pour nous, il n’y a plus d’espoir, car même si un candidat se présentait pour reprendre notre activité il ne serait pas obligé de reprendre le personnel », regrette-t-il.
« On va remonter un dossier » Réunis dans la nuit de vendredi à samedi, les salariés porteurs du projet de reprise Actu’Air sont les seuls à rester optimistes. « La licence d’exploitation et les créneaux sont maintenus, on va remonter un dossier et essayer de s’allier avec d’autres repreneurs afin de présenter un plan de financement le plus complet possible d’ici à la fin du mois », confie Arnaud De Soria, pilote de ligne. Hier matin dans le hall d’embarquement n o 2 près du guichet d’Aeris, les rangs des voyageurs étaient clairsemés : l’affluence avait eu lieu la veille au soir, à l’annonce de la liquidation. « En une heure, nous avons renseigné une cinquantaine de clients d’Aeris qui avaient réservé leurs billets pour Paris », témoigne une hôtesse d’accueil d’une low-cost concurrente. Tom et Louisa, un couple de Britanniques habitant Perpignan, arpentent l’aéroport en quête de billets. « Nous avions réservé un vol Perpignan-Paris en janvier, mais avec la fermeture d’Aeris il ne nous reste plus qu’Air France, qui est trop cher pour notre budget. Nous sommes venus à Toulouse pour trouver une solution, mais les tarifs sont élevés et les vols souvent complets », se lamente la jeune femme. Finalement après une matinée de démarches, Tom et Louisa résignés, choisiront le TGV pour rejoindre Paris...

Philippe Font
Le Parisien , dimanche 09 novembre 2003

Voir en ligne : Le Parisien

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