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Malgré la succession de faillites, les compagnies régionales ont de l’avenir

dimanche 2 novembre 2003.

Les compagnies régionales joueront un rôle stratégique dans l’avenir du transport aérien mondial, estiment les professionnels, malgré les faillites successives en France, où au moins deux d’entre elles, Aéris et Air Littoral, sont menacées de liquidation judiciaire.
Les tribunaux de commerce de Toulouse et de Montpellier doivent se prononcer mardi sur les offres présentées par les candidats à la reprise de ces deux compagnies.

Les transporteurs régionaux ont « un avenir beaucoup plus prometteur encore qu’il ne l’était par le passé », a estimé Pierre Jeanniot, directeur général émérite de l’Association du transport aérien international (IATA), lors de la douzième édition du Cannes Airlines Forum qui s’est tenu jeudi et vendredi.

« C’est très clair en Amérique du Nord, je crois que c’est assez clair aussi en Europe », a ajouté l’ancien PDG d’Air Canada (1984-1990), à l’occasion de ce colloque réunissant des professionnels du secteur.

« Sous les pressions économiques, les grandes compagnies se retirent de certaines liaisons qui n’ont pas tellement de trafic et laissent cette place aux compagnies régionales qui ont des appareils plus petits, des coûts d’opération beaucoup plus bas », a expliqué M. Jeanniot.

Selon ce professionnel, on assiste aujourd’hui à une « redistribution des capacités et des services entre les grandes compagnies, les low-cost (compagnies à bas-coûts, ndlr), et les transporteurs régionaux ».

Aux Etats-Unis, les capacités affichées par les compagnies régionales sur les lignes domestiques sont en hausse de 19% en 2003, et celle des low-cost en hausse de 13% contre une baisse de 4% pour les six compagnies principales, a indiqué M. Jeanniot.

A terme, M. Jeanniot estime à 40% la part du trafic assurée par les transporteurs régionaux et les compagnies à bas coûts en Amérique du Nord.

« En Europe il y a un phénomène additionnel, c’est que le train est beaucoup plus présent qu’il ne l’était en Amérique du Nord », a-t-il toutefois nuancé.

Cependant, étant donné le développement restreint du transport ferroviaire à grande vitesse, « il y a beaucoup de petites liaisons sur lesquelles le train n’est pas nécessairement une alternative valable pour la personne d’affaires qui doit voyager rapidement ».

Cette analyse est globalement partagée par le PDG d’Air France Jean-Cyril Spinetta.

Outre les compagnies généralistes — à la tête d’un « hub » (plate-forme de correspondance, ndlr) puissant, et les compagnies secondaires comme Swiss et SN Brussels, M. Spinetta estime qu’après la crise actuelle une troisième catégorie de compagnie devrait subsister, « les compagnies partenaires des compagnies généralistes ». Il s’agira « souvent des compagnies régionales parfois filialisées, parfois travaillant seulement en franchise », notamment pour alimenter le « hub » des compagnies généralistes, a-t-il indiqué.

Deux autres types de compagnies passeront l’épreuve a-t-il ajouté : les compagnies charters et les compagnies à bas-coûts.

La précision qu’apporte M. Spinetta sur le statut des compagnies régionales appelées à demeurer dans le paysage aérien n’est pas négligeable dans la mesure où elle sous-entend qu’il n’est point de salut pour les compagnies régionales indépendantes comme Aéris et Air Littoral.

M. Jeanniot est moins tranché : « il y a peut-être trop de compagnies régionales » en France, estime-t-il.

Voir en ligne : AFP

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