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SKY Europe : low cost dans un pays low cost »

lundi 3 novembre 2003.

La compagnie aérienne slovaque SkyEurope veut devenir leader en Europe centrale.

« Il est plus facile de créer ici. A Paris, je n’aurais jamais pu faire ce que j’ai fait. » A 28 ans, Christian Mandl, l’air sérieux derrière ses lunettes, en costume gris et chemise blanche, est quelqu’un d’important en Slovaquie. Il dirige SkyEurope, qui ambitionne de devenir le leader des compagnies aériennes à bas coût (low cost) en Europe centrale. La Slovaquie s’étant retrouvée sans aviation civile après l’éclatement de la Tchécoslovaquie le 1er janvier 1993, SkyEurope est devenue de facto la compagnie nationale. « Nous avons même transporté le pape lors de sa dernière visite », souligne Christian Mandl.

Installé près de l’aéroport de Bratislava, le siège de SkyEurope ne paie pas de mine. Dans une grande salle, les équipages se préparant au départ côtoient les hôtesses qui prennent les réservations par téléphone. Comme toutes les compagnies à bas coût, SkyEurope n’émet pas de billets. Plus on réserve tôt, plus les tarifs sont intéressants. Un Paris-Bratislava démarre au prix plancher de 39 euros, avec un sandwich et une boisson chaude en guise de collation et à bord d’un Boeing 737 dont la carlingue affiche la moue boudeuse de la blonde Adriana Karembeu, l’icone de la compagnie (Libération du 12 septembre).

« Pays low cost ». « Nous sommes une compagnie low cost dans un pays low cost », résume Christian Mandl. SkyEurope est un exemple des opportunités que peuvent offrir des pays comme la Slovaquie, où les coûts de production sont réduits et le niveau de formation comparable à l’Ouest. « Nous n’exploitons personne, se défend Mandl. Nos pilotes gagnent bien plus que le salaire mensuel moyen de 300 euros. » Avec un peu plus de 1 000 euros grâce aux primes, on reste toutefois très en deçà des salaires occidentaux. De plus, tout comme les appareils qui repartent après vingt minutes au sol, l’équipage vole 800 heures par an contre 400 à 500 heures dans les compagnies traditionnelles. « Nous payons la formation de nos pilotes, à la différence des grandes compagnies », tient à préciser Christian Mandl, qui assure que les candidats ne manquent pas. D’anciens pilotes d’Air Lib, craignant de perdre leur licence faute de voler, se seraient présentés.

Déficitaire. Depuis son lancement le 12 février 2002, SkyEurope a transporté 150 000 passagers sur ses 14 destinations. L’an dernier, avec un chiffre d’affaires de 4,4 millions d’euros, la compagnie, qui emploie 150 personnes, a été déficitaire mais escompte des bénéfices pour 2003. Le 14 novembre, deux nouvelles routes seront ouvertes ­ Paris- Budapest et Londres-Budapest ­ et, à partir de décembre, SkyEurope va relier la capitale hongroise à Milan et à Zurich. « Nos concurrents sont surtout les trains et les cars », explique Christian Mandl. Les mauvaises infrastructures héritées du communisme sont une aubaine : l’une des destinations les plus rentables de SkyEurope est Bratislava-Kosice, la grande ville de l’est du pays, à 500 kilomètres, qu’il faut plus de cinq heures pour atteindre en train.

« Je ne pensais pas que c’était si compliqué » : quand l’idée germe en 1999, Christian Mandl n’imagine pas qu’il lui faudra deux ans pour créer SkyEurope avec un autre Belge, Alain Skowronek ­ fondateur de la compagnie low cost belge EBA, avalée depuis par Virgin ­, et encore une année pour voir voler ses premiers avions, de petits Embraer. « Je sortais de Sciences-Po Paris, une bonne école qui donne une méthode. Il m’a fallu tout apprendre sur le terrain : les contrats d’assurances, les réservations en ligne (1), le marketing, le fonctionnement d’un avion... » Christian Mandl connaît la région qu’il a parcourue en vacances et se met au slovaque. Il lui faut aussi trouver des investisseurs : « C’est comme dans un film, un bon scénario ne suffit pas, il faut aussi un bon casting », dit-il. La banque néerlandaise ABN Amro, la Berd et des fonds d’investissements de l’Union européenne détiennent aujourd’hui 51,1 % de la compagnie.

Christian Mandl avoue travailler « plutôt deux fois trente-cinq heures qu’une ». Mais la vie à Bratislava, petite capitale à cinquante kilomètres de Vienne, est facile. « On voit un ministre comme on verrait un adjoint au maire à Paris », dit-il. Mandl fait aussi de fréquents sauts à Paris où, étudiant, il avait « adoré vivre ». Prochaine étape : le 1er mai 2004, avec l’élargissement de l’UE. « On pourra voler partout en Europe », se félicite Mandl. Et cette fois, il se sent prêt : à Sciences-Po, il s’était spécialisé sur l’Europe communautaire.

Voir en ligne : Libération

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