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La flotte d’Air Lib fait des vagues,
son récent acquéreur, Erik de Vlieger, mis en examen.

lundi 27 octobre 2003.

Le Néerlandais Erik de Vlieger a été mis en examen vendredi soir dans l’enquête sur la faillite d’Air Lib pour « recel et complicité d’abus de biens sociaux ». Ce Hollandais volant avait fait une apparition aussi soudaine qu’inattendue à la veille de la liquidation de la compagnie aérienne, en février. Son offre de dernière minute avait fait long feu : issu d’une famille ayant prospéré dans les machines à coudre puis dans l’immobilier, Erik de Vlieger semblait surtout intéressé par la reprise des avions à moindre coût.

La surprise est venue un mois plus tard, quand on s’est aperçu qu’en dépit de la liquidation judiciaire d’Air Lib, Erik de Vlieger était devenu propriétaire de la flotte d’avions, via une filiale basée au Luxembourg. Baptisée Mermoz, elle avait été créée par Jean-Charles Corbet, le PDG déchu d’Air Lib.

Ce dernier est déjà mis en cause pour avoir logé des actifs d’Air Lib dans diverses structures basées dans des paradis fiscaux. Ces structures ont échappé à la procédure de faillite, qui ne concerne que la société d’exploitation basée à Orly, laquelle est complètement à sec. En juillet, Corbet a été le premier des mis en examen par le juge Renaud Van Ruymbeke.

Certains ont soupçonné Corbet de s’être constitué une caisse noire, une cagnotte personnelle en cas de pépin. C’est un travers bien connu du transport aérien français : chaque fois qu’une petite compagnie privée fait faillite, les actifs tangibles s’égaient dans la nature. Dès lors, ils ne peuvent plus servir à payer les créanciers et les salariés dans le cadre de la liquidation judiciaire. La sortie des avions du périmètre d’Air Lib a un air de déjà-vu. La ficelle est trop grosse.

Corbet et son entourage plaident la bêtise. Ils auraient bien signé un contrat avec Erik de Vlieger lui accordant la propriété des avions en cas de reprise effective d’Air Lib. Mais ils auraient mal rédigé les conditions suspensives, ou négligé de les relire attentivement. Le Néerlandais en aurait profité pour faire jouer ses droits sur les avions.

Pour preuve de sa bonne foi, Corbet indique qu’il a porté plainte contre Erik de Vlieger le 18 mars. Mais c’était trois semaines après que le parquet de Paris eut ouvert une enquête sur ses propres agissements.

Corbet est coutumier du fait : en avril 2002, il portait plainte contre un établissement financier, le canadien CIBC, qui avait perçu une commission de 8 millions d’euros lors de la reprise d’Air Lib. CIBC devait rabattre des investisseurs pour permettre à Corbet de finaliser son offre de reprise. En vain, mais non sans percevoir la commission ­ disproportionnée eu égard à l’échec de sa mission. Un dirigeant de CIBC a également été mis en examen début octobre : les enquêteurs considèrent que toutes les sommes sorties d’Air Lib sans véritable justification relèvent de l’abus de bien social. Entretemps, Corbet a transigé avec CIBC et retiré sa plainte.

Sur les 160 millions d’euros versés pour solde de tout compte par Swissair, ancien propriétaire d’Air Lib, seuls 110 millions ont réellement été affectés à la compagnie aérienne. La différence a été distribuée à ses dirigeants et conseillers, ou logée dans des coquilles aux mains de Corbet et de Vlieger. Toujours pour établir sa bonne foi, Corbet promet de tout rapatrier afin de favoriser le reclassement des 3 200 salariés d’Air Lib. Pour l’instant, ce ne sont que de belles paroles.

Voir en ligne : Libération

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