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Les points délicats du rapprochement

mardi 30 septembre 2003.

Air france a-t-elle tout à gagner dans l’opération qu’elle est sur le point de réaliser avec son homologue néerlandaise ? Les spécialistes sont partagés sur les gains et les pertes éventuels que pourrait réaliser la nouvelle entité, qui deviendrait le premier groupe aérien mondial en termes de chiffre d’affaires.

La fusion est-elle réalisable sans casse sociale ?

Réunis, les deux groupes représentent environ 106 000 salariés, dont plus de 70 000 venant d’Air France. Depuis l’accélération des négociations, les organisations syndicales des deux compagnies ont manifesté à plusieurs reprises leurs inquiétudes concernant d’éventuelles suppressions d’emplois. Pour défendre au mieux leurs intérêts, les syndicats français et néerlandais n’ont pas attendu la dernière ligne droite des pourparlers pour s’entendre : depuis le printemps, ils sont régulièrement en contact pour travailler ensemble.

A la veille du week-end, le PDG d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, bien que discret sur l’avancée des négociations, s’était voulu rassurant pour l’emploi : s’exprimant en marge du salon des professionnels du tourisme Top Resa, à Deauville (Calvados), il avait affirmé qu’aucun plan social n’était prévu, et qu’il n’y avait « aucun lien » entre la réduction d’effectifs en cours chez KLM (qui concerne 4 500 postes) et le projet de coopération. Les spécialistes notent cependant que, si des économies doivent être faites, elles le seront sur la suppression des « doublons » en matière d’escales - 31 sont communes -, et sur les synergies réalisables sur les centres d’appel ou les plates-formes de réservations. Des mesures difficilement envisageables sans une réduction à moyen terme des effectifs.

Le nouveau groupe pourra-t-il continuer à gérer deux aéroports majeurs ?

Cette question est, à l’évidence, l’une de celles qui a posé le plus de problèmes dans la négociation. Les aéroports de Roissy, en France, et de Schiphol, au Pays-Bas, seront désormais les deux piliers de la nouvelle entité.

Le gouvernement néerlandais a toujours été très vigilant sur le devenir de sa plate-forme nationale et sur le maintien de l’emploi : aujourd’hui, Schiphol emploie environ 120 000 salariés, et, au cours de ces derniers mois, le gouvernement s’est lancé dans une politique d’acquisition de terrains pour augmenter les capacités aéroportuaires. La perspective de le voir devenir, du jour au lendemain, une simple plate-forme régionale avec un marché terriblement étriqué, alors que la majorité des vols internationaux partiraient à Roissy, est une des craintes du gouvernement néerlandais.

Comment Air France peut-il prendre le pouvoir ?

Les réticences affichées par le gouvernement néerlandais lors d’âpres négociations illustrent les difficultés que pourrait rencontrer le nouveau tandem. Un rapprochement d’entreprises est toujours difficile. Mais la complexité du montage proposé, qui consiste à la fois à préserver les intérêts nationaux néerlandais tout en créant une organisation efficace, laisse présager un démarrage délicat. Tout comme l’illustre l’existence d’un comité stratégique composé à parité de Français et de Néerlandais, qui sera présidé par Jean-Cyril Spinetta, président de la nouvelle entité. Le défi sera de réussir à créer une réelle dynamique d’entreprise.

Quelle peut être la réaction de la Commission européenne ?

Bruxelles a indiqué qu’elle examinerait favorablement tout projet de rapprochement. « Dans toutes les alliances déjà examinées dans le secteur du transport aérien, la Commission a toujours adopté une attitude positive (...). Nous sommes favorables à la concentration de ce secteur », a rappelé récemment la Commission. « Cependant, si nous constations la création ou le renforcement de positions dominantes sur certaines liaisons, nous devrions nous en occuper, comme nous l’avons fait avec succès dans le passé »,a-t-elle ajouté. Ce sont les liaisons intra-européennes qui pourraient poser problème plutôt qu’une position dominante sur les liaisons transatlantiques.

François Bostnavaron

Voir en ligne : Le Monde

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