Accueil > ACTU > Les PDG d’Air France et de KLM s’emploient à rassurer leurs salariés et les (...)

Les PDG d’Air France et de KLM s’emploient à rassurer leurs salariés et les marchés financiers

mercredi 1er octobre 2003.

Les deux compagnies ont présenté mercredi leur schéma de rapprochement qui permettrait de dégager 500 millions d’euros d’économies à terme. Aucune réduction d’effectifs n’est envisagée.
Après 21 mois de négociations serrées et d’âpres discussions, Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France et Leo Van Wijk, PDG de KLM ont annoncé, mercredi 30 septembre, avoir « signé la lettre d’intention qui scelle l’accord entre les deux entreprises ». Les deux hommes vont devenir respectivement PDG et vice-président du conseil d’administration de la future holding Air France-KLM. Le contrat définitif de ce rapprochement sera signé le 15 octobre.

« Nous avons choisi un concept très simple : un groupe, deux compagnies aériennes », a déclaré Jean-Cyril Spinetta, cherchant visiblement à rassurer les marchés financiers. Cependant, même si la structure imaginée pour 2006 apparaît simple - une société holding cotée Air France-KLM, de droit français, installée en France, qui détient deux filiales (Air France et KLM) - le montage intermédiaire présenté mercredi reste très complexe.

La holding de tête détient certes 100 % des droits économiques d’Air France et autant de KLM, mais elle n’aura en revanche que 49 % des droits de vote de KLM, les 51 % restant étant détenus par des intérêts néerlandais pendant trois ans. Ce dispositif, visiblement incontournable pour obtenir l’agrément de la partie néerlandaise, a été mis en place pour notamment préserver les droits de trafic de KLM. Il est là « pour donner des garanties mais en aucun cas il n’empêchera d’agir et ces règles de fonctionnement ne seront pas un obstacle qui empêchera d’obtenir des synergies », a rassuré M. Spinetta.

Un discours qui n’a cependant pas vraiment convaincu les analystes qui s’inquiètent tout autant de la complexité du montage que du prix de la transaction jugé trop élevé et du fort endettement - 7,9 milliards d’euros - du nouvel ensemble. Le titre Air France a ainsi perdu 4,16 %, à 13,12 euros sur la seule journée de mardi tandis que KLM était une valeur particulièrement recherchée, gagnant 12,54 % à 13,46 euros.

Donner des garanties et des assurances, c’est ce que les deux présidents se sont évertués de faire tout au long de leur communication. L’un des messages était clairement destiné aux salariés des deux entreprises : « Il n’y aura pas plan de licenciement et surtout, pas de plan complémentaire à celui déjà lancé par KLM », ont-ils assuré en chœur. L’entreprise néerlandaise a déjà lancé, cette année, un plan visant à supprimer 4 500 emplois. M. Spinetta a expliqué que « le métier de transporteur était assuré dans la durée d’une croissance forte qui entraînerait le développement des aéroports de Roissy et d’Amsterdam-Schiphol ».

L’autre inquiétude repose sur le plan opérationnel. Dans le conseil d’administration de seize membres de la holding, quatre seront de nationalité néerlandaise - le président du directoire de KLM, deux administrateurs proposés par le conseil de surveillance de KLM et un administrateur proposé par l’Etat néerlandais. Cet ensemble sera complété par un comité stratégique de huit membres (quatre représentants de chaque compagnie) nommés pour trois ans. Ce comité sera responsable de la stratégie du groupe, notamment de la coordination des réseaux et des hubs, de la stratégie d’investissement, de la flotte et des alliances.

En revanche, chaque compagnie reste responsable de sa gestion commerciale et opérationnelle. KLM aura un conseil de surveillance de neuf membres et un directoire de cinq membres, Air France aura un représentant de KLM dans son comité exécutif. Les marchés financiers s’inquiètent de l’efficacité opérationnelle d’un tel montage.

ACCORD AVEC ALITALIA

Des craintes ont également été exprimées devant le niveau ambitieux de synergies que la nouvelle entité veut dégager : de l’ordre de 385 à 495 millions d’euros d’ici à cinq ans. Des économies qui proviendraient, pour environ 40 %, de la hausse du chiffre d’affaires programmée. Le reste des synergies serait le résultat de réductions de coûts générées essentiellement par des économies d’échelle (mise en commun d’achats de pièces détachées ou de carburant, services de restauration communs...). Les autres économies devraient venir de la suppression des doublons entre les deux compagnies, (centres d’appel et de réservation, systèmes informatiques, destinations communes des vols long-courrier, maintenance...).

Le processus de mise en place du rapprochement des deux compagnies devrait être terminé au printemps 2004. A cette date, Alitalia pourrait s’être rapproché au nouveau tandem selon l’accord tripartite annoncé mardi. L’alliance Skyteam autour d’Air France et de Delta s’est elle enrichie. Outre KLM, elle va accueillir deux nouveaux partenaires américains, Continental Airlines et Northwest.

François Bostnavaron

Voir en ligne : Le Monde

aller en haut de page
Mots-clés

SPIP | Copyright © 2002 - 2012 SUD Aérien.org | Conception et habillage snoopit31

Mentions légales| squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0