Accueil > ACTU > Le pari risqué d’Air France

Le pari risqué d’Air France

mardi 30 septembre 2003.

Dans l’éditorial des Echos du 30 septembre, Gilles SENGÈS ne sous-estime pas les risques de la nouvelle union AF-KLM :« Sans être trop fleur bleue, on a vu des mariages d’entreprises plus enthousiastes. Après avoir fait lanterner Air France, mis en balance pendant des mois avec British Airways, KLM, qui a derrière lui une longue histoire de fiançailles rompues, a négocié pied à pied le contrat d’union. »

En faisant trainer son accord, la compagnie batave a ainsi réussi à « imposer une partie de ses vues à son futur partenaire, obligé de couper le cordon ombilical avec l’Etat et de lui assurer le maintien de son identité. ». Pour mettre le pied à l’aéroport d’Amsterdam-Schipol et se hisser au rang des géants du secteur, Air France va payer le prix fort, les 400 millions à 500 millions d’euros de synergies à l’horizon de cinq ans représentent le montant des pertes de KLM l’an dernier...

Grossir par acquisition « Big is beautiful » , n’est pas une recette à succés pour le transport aérien. La compagnie nationale en a fait l’expèrience dans une conjoncture difficile :«  l’intégration d’UTA, racheté au prix fort, et d’Air Inter, au début des années 1990, a nécessité un coûteux plan de sauvetage pour le contribuable. » Si un mariage entre compagnie d’un même pays est rsiquéavec aussi l’exemple de la reprise de TWA par American Airlines,« les unions transnationales semblent encore plus difficiles. Swissair, qui a été englouti par ses investissements malheureux dans le belge Sabena et l’attelage brinquebalant d’AOM-Air Liberté, en France en est l’exemple type. D’où, sans doute, la prudence de Swiss, l’héritière de la compagnie helvète, qui a préféré rejoindre l’alliance Oneworld et nouer des liens commerciaux avec British Airways plutôt que d’unir son destin à celui de Lufthansa. »

Actuellement ce ne sont pas les gros mastodontes qui ont les meilleures performances financières et commerciales mais les compagnies à bas coûts qui tiennent le haut du pavé en Europe comme aux Etats-Unis. Avec la lente reprise outre-Atlantique, le secteur souffre encore de surcapacités. Fragile, il est toujours à la merci d’un attentat ou d’une épidémie, comme l’Asie en a connu une cet hiver. « C’est donc un pari sur la reprise que fait Air France en changeant sa stratégie, qui, jusque-là, privilégiait les alliances commerciales dans le cadre de Skyteam avec, éventuellement, l’établissement progressif de liens financiers comme avec Alitalia au départ. Jean-Cyril Spinetta, son président, qui a fort bien piloté le groupe ces dernières années, en dépit des nombreuses turbulences, va se retrouver aux commandes d’un mastodonte plus difficile à diriger. »

Voir en ligne : Les Echos

aller en haut de page
Mots-clés

SPIP | Copyright © 2002 - 2012 SUD Aérien.org | Conception et habillage snoopit31

Mentions légales| squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0