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Le projet de fusion Air France-KLM pourrait aboutir rapidement

vendredi 26 septembre 2003.

Le président d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, a déclaré vendredi que les discussions avec KLM en vue d’une fusion entre les deux compagnies aériennes pourraient aboutir très rapidement.

Un Comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire d’Air France se réunira lundi à Roissy (Seine-Saint-Denis) pour une information sur les négociations avec KLM. 

« Vous aurez toutes les informations nécessaires et tous les détails mais seulement quand l’accord sera annoncé et si il a été approuvé formellement par nos conseils d’administration respectifs », a-t-il ajouté.

Air France est en train de négocier un « accord de fusion » avec KLM, avait indiqué jeudi soir Francis Mer, ministre français de l’Economie sur LCI. « Je pense que cela va se faire assez rapidement », avait-t-il ajouté.

« Mécaniquement, la fusion entraîne la privatisation, c’est à dire le passage de l’Etat en dessous des 50% », a-t-il dit.

La veille, le secrétaire d’Etat français aux Transports, Dominique Bussereau, avait indiqué avoir « bon espoir » que le rapprochement entre Air France et KLM puisse intervenir « en début de semaine prochaine ».

Ces déclarations, en plus de donner une indication sur le calendrier de l’opération, confirment l’objet précis des négociations en cours, dont les deux compagnies se bornent à dire qu’elles portent sur une « coopération intensive et l’entrée simultanée de KLM dans l’alliance SkyTeam ».

Il s’agit donc bien d’une « fusion » dont les termes avaient été esquissés par le PDG d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, lors de réunions d’information du Comité central d’entreprise d’Air France les 17 et 18 septembre.

Le président d’Air France avait alors indiqué que les dirigeants des deux compagnies « s’étaient mis d’accord sur les grands principes » du rapprochement, à savoir que ce sera « un groupe avec deux entreprises », sous la forme d’une holding, permettant à Air France et KLM de garder leur nom et leur droit de trafic.

Les deux acteurs ne s’étaient en revanche « pas tout a fait mis d’accord » sur les liens capitalistiques « qui devront être les plus forts possibles », avait-on ajouté de source syndicale citant les propos de M. Spinetta.

Le PDG d’Air France, qui faisait vendredi à Deauville sa première apparition publique depuis l’officialisation des négociations, n’a pas souhaité donner de précisions sur l’avancement des pourparlers, soulignant simplement, que dans l’hypothèse d’un accord, aucun plan social n’était prévu.

En France comme aux Pays-Bas, les syndicats des deux compagnies aériennes s’inquiètent en effet d’éventuelles conséquences sur l’emploi d’un rapprochement des deux entreprises, dont M. Spinetta a assuré qu’il produirait des synergies évaluées à 400 millions d’euros sur cinq ans.
Certains analystes jugent également ambitieux, voire improbable, une fusion complète des deux compagnies.

« Nous nous attendons à ce que KLM rejoignent l’alliance Skyteam, mais sommes sceptiques quant à la possibilité à moyen terme d’une fusion complète dans l’environnement règlementaire (restrictif) actuel et les coûteuses pratiques sociales en vigueur dans le secteur », affirme notamment Martin Borghetto, de Morgan Stanley, dans une note.

Skyteam, créée en juin 2000, rassemble actuellement AeroMexico, Air France, Alitalia, CSA Czech Airlines, Delta Airlines et Korean Air.
« Nous pensons que l’issue la plus probable est une alliance, peut-être associée à un échange de participations symbolique (et en dernier lieu reversible) », estiment également les analystes de Crédit Suisse First Boston.

« Nous pensons qu’il n’y a que 20% de chance en faveur d’une fusion complète », ajoutent-ils, mais « parce qu’en particulier KLM a peut-être le sentiment de n’avoir que peu d’alternatives, nous estimons à 10% le risque de voir l’accord échouer ».

Face aux préoccupations des Néerlandais, qui craignent de voir disparaître leur compagnie nationale, Jean-Cyril Spinetta a réaffirmé que l’identité de KLM serait préservée en cas de fusion avec Air France, précisant également que l’aéroport de Schiphol à Amsterdam constituait une part importante de l’alliance.

« Si l’accord est conclu, leur inquiétude (des Néerlandais) disparaîtra instantanément », a estimé le président d’Air France. « Lorsqu’il y a des marques aussi fortes qu’Air France et KLM, ce serait une folie que de ne pas s’appuyer sur la valeur de ces marques »

« Schiphol, c’est un atout pour la Hollande, c’est un atout pour l’Europe, c’est un atout pour KLM. Si on conclu un accord entre Air France et KLM ce sera un atout pour la nouvelle entité qui sera constituée », a-t-il ajouté.

ALITALIA ASSOCIEE ULTERIEUREMENT

Jean-Cyril Spinetta a confirmé également que la compagnie aérienne italienne Alitalia pourrait être associée à cette fusion, mais seulement plus tard, lors d’une seconde phase.

Le président d’Air France a plaidé pour la constitution d’un « Airbus » du transport aérien, pour que les Européens, comme ils l’ont déjà fait dans la construction aéronautique, unissent leurs forces face à la concurrence américaine.

« Il est temps dans le domaine du transport aérien comme dans d’autres de réfléchir à la mise en œuvre de véritables entités multinationales associant les opérateurs nationaux », a-t-il estimé. « Ma conviction est que, dans le domaine du transport aérien, il faut que les opérateurs aient la même démarche positive pour que, à l’image d’Airbus, ils rassemblent leurs forces pour peser sur le marché aérien mondial ».

Air France et Alitalia, qui sont déjà associées au sein de l’alliance commercial mondiale Skyteam, ont échangé symboliquement des participations croisées de deux pour cent.

Lors de l’entrée d’Alitalia dans Skyteam, en juillet 2001, les deux compagnies avaient indiqué qu’elles envisageaient à terme de fusionner.

D’ici là, le rapprochement entre Air France et KLM devrait se traduire par la création d’une holding contrôlant les deux compagnies, ce qui permettrait de préserver leur autonomie et leur identité.

Selon la presse, les actionnaires d’Air France pourraient contrôler entre 80 et 85% de la holding commune, le solde de 15 à 20% revenant aux Néerlandais.

L’Etat français, qui détient 54,4% du capital d’Air France pourrait profiter de cette fusion pour apporter une partie de ses titres et ramener sa part à moins de 20% comme il en a exprimé à plusieurs reprises l’intention au cours de ces derniers mois.

Voir en ligne : AFP et Reuters

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